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11/09/2007

Les grands retards de la SNCB (ou pourquoi certains n'aiment pas le train)

4e37409d9aceaffb13739aae45690cc1.jpgSi je passe tant de temps à regarder les gares hagardes, c'est d'abord parce que je suis un usager quotidien des chemins de fer. Une créature appelée, en Belgique uniquement, un "navetteur". J'ai mon abonnement, la SNCB a mes coordonnées et m'envoie régulièrement ses pubs. J'ai donc mes petites habitudes ferroviaires, quid de mon coin favori dans un compartiment de voiture I11 ou de l'emplacement exact de l'ouverture des portes sur chaque quai où j'embarque (c'est de la stratégie; il faut se donner la chance de pouvoir trouver la dernière place assise lorsque le convoi est bondé). Bon, bref. Comme en plus j'adore les trains et tout ce qui les entoure, je ne suis pas de nature à râler au moindre retard, ce qui est pourtant devenu un sport très en vogue sur les quais du pays. Que ce soit la vieille pimbêche qui grince à voix haute parce que "c'est déjà la troisième fois cette semaine" qu'elle va arriver 22 secondes en retard à la pointeuse, ou le grand sec qui regarde sa Breitling toutes les 45 secondes dès qu'on a atteint la minute de retard, ou encore la petite énervée, pourtant chômeuse, qui râle parce que cela lui donne de l'importance: je les connais bien. Ils me font rire; parfois j'ai envie de les gifler.

Mais je dois bien convenir qu'il arrive des moments où je compatis à l'effondrement de leur routine métronomée. Mon retour du boulot ce soir fut un véritable parcours du combattant, qui l'aurait été un peu moins si l'accompagnateur, comme on l'appelle, avait pris la peine de communiquer convenablement. En ce début de 21e siècle, la communication est devenue primordiale, et les services publics ont parfois encore du mal à s'en accoutumer. Après tout, si Mariette appelle son mari pour lui demander si elle peut mettre les patates à cuire, grâce à son gsm ledit mari peut informer Mariette que le train semble avoir trois minutes de retard, ce qui la conforte dans l'idée que les patates ne finiront pas nécessairement en purée. Mais quand le train reste à quai pendant une demi-heure sans aucune information sinon les rumeurs les plus folles, et que le mari a beau faire rapport à Mariette de la moindre évolution de l'humeur de son voisin de compartiment, les patates, dans leur cocotte infernale, risquent de finir en cendres!

Car, hormis les patates, c'est bien ce qui m'est arrivé. Ayant quitté le bureau un peu tard, je rate l'IC (Intercity) de 17h59, et dois donc me contenter d'un train L (local) prévu à 18h06 mais déjà annoncé avec 10 minutes de retard. Le convoi démarre mais, deux arrêts plus loin, s'immobilise trente minutes. Les haut-parleurs de la gare annoncent l'arrivé d'autres trains vers ma destination sur des quais parallèles, mais en fait on ne voit rien venir et encore moins repartir. Après 25 minutes, des passagers, tout fiers d'avoir eu le temps de quitter le train, de se rendre jusqu'au guichet d'information dans le hall de gare et de revenir jusqu'à nous, pauvres de notre patience, nous apprennent que les trains ne circulent que sur une seule voie. Pendant ce temps, l'accompagnateur nous a simplement informé, au bout d'un quart d'heure, que le train allait redémarrer "dans quelques minutes", ce qui est un comble vu la suite. Car certaines personnes ont réellement pété un plomb et se sont résolues à trouver un autre moyen de transport pour rentrer chez elles. Or, gros problème, les portes du train avaient entre-temps été verrouillées, non pas parce que nous allions démarrer, mais sans doute parce que le conducteur devait commencer à s'ennuyer ferme dans sa cabine de pilotage. On est évidemment arrivé à l'hystérie. Une dame a ouvert une fenêtre du compartiment et a commencé à hurler à qui voulait l'entendre que nous étions séquestrés. J'en rigole maintenant, mais je dois bien avouer l'avoir trouvée un peu saumâtre, cette situation.

Venons en à la cause. Je ne travaille pas aux chemins de fer, donc je m'engage dans une explication mêlant observations visuelles, connaissances du parc de locomotives belges, supputations et conclusions aux relens communautaires bien d'actualité. Lorsque nous sommes enfin passés à hauteur de l'incident, c'est-à-dire de la cause ultime de la circulation sur une seule voie, j'ai vu un train en panne sur l'autre voie. Pas n'importe quel train: c'était un train de l'heure de pointe, reconnaissable aux voitures que tractait la locomotive n°2224. Le numéro prend toute son importance, dès lors qu'on sait que les locomotives de la série 22 sont en service depuis plus de 40 ans! Je l'avais déjà repérée ce matin, et hier matin aussi d'ailleurs, tractant une train de l'heure de pointe matinale qu'emmenait, il y a encore deux moins, une locomotive de série 21 beaucoup plus récente. Ironiquement, je me suis dit à ce moment-là qu'on aurait beaucoup de chance si la 2224 tenait le coup jusqu'en juin prochain. Dois-je en conclure que les deux 21 qui tiraient encore il y a trois mois les trains de 7h41 et 7h45 ont été réaffectées... ailleurs, vraisemblablement en Flandre où l'on s'accapare systématiquement le matériel ferroviaire le plus neuf? Si demain matin je verrai sans doute encore la 2204, qui tirait le train de 7h41, je ne verrai certainement plus la 2224, qui a peut-être poussé son dernier souffle et attend la radiation. Mais par quoi vont-ils la remplacer? Réponse demain matin. En attendant, comme je le disais, je puis comprendre l'agacement de certains navetteurs mois amoureux des trains que moi. Car nous sommes tout de même arrivés à destination avec plus de 50 minutes de retard... Heureusement, les patates avaient été retirées du feu!

22:25 Publié dans caténerfs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : SNCB, retards

A Profondsart, le trésor est en bas

C'est en effet sous les voies que se situe la "galerie d'art spontané". En fait de galerie d'art, il ne s'agit que de dessins peints sur les murs du couloir par des enfants ou de jeunes adolescents. C'est en effet spontané, innocent - oserais-je dire 'bon enfant'? Et de fait, lors de mon court séjour à Profondsart, je pris plus de photos du passage sous les voies que de la gare elle-même. Le temps passe vite lorsqu'on est occupé!de6947b58efdd6888848a444c8767f4f.jpg

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