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30/09/2009

Merci

Merci à ceux qui viennent ici, me lisent et puis s'éloignent... et, dirait-on, reviennent de temps à autres. Dans les mois à venir, je vous emmènerai le long de la ligne 130a (Charleroi-Erquelinnes), qui est sans doute celle que j'ai le plus abondamment photographiée depuis 2003 et le début de cette histoire. Je repartirai également à la découverte des étonnants vestiges de l'ancienne ligne 109 (Mons-Chimay). Mais vous verrez que je suis parfois ailleurs, loin, sans autre but que de jeter un regard attendri sur des contrées inconnues.

Merci1.JPGVous, qui me suivez à distance, approchez! J'aimerais vous connaître et - qui sait? - vous entendre parler de vos gares, de vos rails, de vos rêves de gosses. Ou même de votre dernière folie. Puisque les gares me parlent, ce blog n'est pas un monologue. Mais j'aimerais le peupler de voyageurs de l'ordinaire. Demain, je repartirai, c'est sûr, vers d'autres quais, mais que cela ne m'empêche de m'arrêter en chemin et de vous saluer.

Si vous voyagez parfois en train et y voyez une expérience agréable

Si, comme moi, le rail est une de vos passions

Si vous êtes un trainspotter impénitent et vous étonnez de voir ici des photos de gares sans trains

Si vous travaillez ou avez travaillé aux chemins de fer et aimez l'histoire que vous avez écrite à la sueur de votre front

Si vous vivez ou avez vécu dans une gare, ou près d'une gare, le long des voies ou de celles qu'on a déferréesMerci3.JPG

Si vous tenez ou avez tenu le café de la gare ou l'hôtel des voyageurs

Si vous avez pris le train jusqu'à Moscou ou Pékin, ou même moins loin

Si le passage sous les voies est votre repère

Si vous vivez parfois, à petit feu, quelques bons moments sur le quai d'une gare

Si, comme moi, vous aimez vous égarer et ne pas savoir où vous allez...

Alors, dites-le moi! Qui que vous soyez, jeune ou vieux, Belge ou étranger, curieux ou désabusé, votre histoire m'intéresse. Le but étant, sur ce blog qui un jour deviendra livre, de partir à la rencontre de ceux qui, de près ou de loin, sont les acteurs aujourd'hui de cette pièce intemporelle. Mon adresse email apparait sur les photos.

Si ceci n'est pas une bouteille à la mer, c'est néanmoins un flacon rempli d'espoir que je dépose, un peu négligeamment, entre deux sièges, sur le quai de n'importe quelle gare...

Repartons.

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(Illustrations: en haut, un élément de la gare de Poix St. Hubert, pris le 3 août 2007. Au milieu: la locomotive 7761 manoeuvre non loin de la gare d'Amay le 27 août 2009. En bas: Contre-jour de la gare de Franière, saisi le 15 octobre 2007.)

 

 

19/09/2009

Florée, un point d'arrêt retiré

A l'heure même où on inaugure avec faste la nouvelle gare de Liège-Guillemins, je prends le contre-pied et vous emmène en ballade à cent lieues de là, en rase campagne. Aux milliards déboursés en Cité ardente, j'oppose ici la lente agonie d'un point d'arrêt retiré. En effet, le jour viendra bien tôt, où les trains ne s'arrêteront plus à Florée. Les chemins de fer y pensent, les députés en parlent. Et le combat pour sa survie risque d'être fort inégal.Florée1.JPG

Jugez donc. Florée, code postal 5334, est un village rural de quelque 400 âmes dans l'entité d'Assesse, à une dizaine de kilomètres de Ciney. Si vous le cherchez sur la carte, là, au sud de Namur, vous verrez qu'il représente en quelque sorte le nombril de la Belgique. Au détour d'un sentier champêtre, vous apercevrez l'église Sainte-Geneviève et sa tour du XIe siècle. La population a vieilli. Les jeunes sont partis, la maison communale aussi. Et ce n'est pas le train qui les ramènera!

La halte ferroviaire, charmante, surplombe les champs à plus de deux kilomètres du village. Les IC Bruxelles-Luxembourg pourfendent l'air, à la vitesse de l'éclair, entre ses deux quais serrés. Chaque heure, en semaine, une antique automotrice s'y arrête, un peu malgré elle. Personne ne monte, personne ne descend. Personne ne regarde ce train qui bientôt ne sera plus.

Personne ou presque. Ils sont une quinzaine tout au plus, dans un bon jour, à embarquer à Florée. Des Floréens mais aussi peut-être des gens de Maibelle et de Wagnée. Et quand un jour Florée on fermera, on leur dira que quinze c'est trop peu. Que ce n'est pas rentable. Qu'on n'a pas le choix. Qu'il faut aller plus vite. Qu'Assesse et Natoye, au fond, ce n'est pas si loin. Que vous verrez, vous vous habituerez. C'est ce qu'on a dit aux gens d'Hachy, d'Hogne et de Rulles il y a un quart de siècle.Florée2.JPG

La possible suppression du point d'arrêt a ému, en 2007, le Comité consultatif des usagers auprès du groupe SNCB. Pressentant l'implacable logique de rentabilité de la société nationale, il a remis un avis négatif sur la question, soulignant tout particulièrement le manque d'alternatives de mobilité pour les voyageurs de Florée. Un rare bus des TEC uniquement aux heures de pointe. Un relief inégal pour les piétons et cyclistes les plus âgés.

Mais depuis le Comité consultatif a été supprimé et personne ne s'en est ému. Seuls sur le quai, les quinze Floréens s'en inquiètent. Les gens restés au village, eux, pestent contre d'autres maux. Pensez donc! Les gens de la ville veulent planter des éoliennes dans leur jardin! Ils iront loin s'il le faut. Mais, en attendant, on ne pense plus au train. Et sans train ni jardin, plus personne à Florée ne viendra.

Voilà pourquoi, le 5 août dernier, je m'y suis arrêté. C'était bien moi le seizième ce jour-là, l'anomalie sur la courbe de rentabilité. Seul sur le quai sous un soleil de plomb, j'ai voulu consigner en mots et en images ce que les gens restés au village, à force, plus jamais ne verront. Ce devoir de mémoire ainsi fait, j'ai repris l'antique automotrice sous les yeux d'un contrôleur plutôt stupéfait.

Florée3.JPG

  

02/09/2009

L'été s'achève

Ete_2009_1.JPGSeptembre est arrivé. Le bel été s'achève et les récoltes de maïs vont commencer. Les mômes achètent de nouveaux plumiers, les papas reprennent les réunions, les navetteurs retrouvent leurs trains P. Au collège, au lycée, à l'athénée, des jeunes fraîchement réveillés tentent de sauver leur année. A la radio, Rudy Demotte fait sa rentrée. Les gazettes clôturent leurs rubriques estivales. On parle moins de festivals musicaux que de football. Et les soirées en terrasse raccourcissent.Ete_2009_2.JPG

Sur le quai, je me repasse le film de mon été ferroviaire. Pas de plages ni de piscines, mais des milliers de regards furtifs échangés avec autant d'inconnus, des centaines de photos de villages illuminés, des dizaines de trajets paresseux en automotrice. La Sambre, la Lhomme, la Biesmelle. Les guèpes à Grupont, les chevaux à Forrières, les lézards à Marche-les-Dames. Froidchapelle, Theux, Landelies, et partout le soleil. Des blocs-notes remplis de flashes furtifs, de rêveries insolites, de détails de l'histoire. Sivry, Spontin, Spa-Géronstère, et partout cette histoire.

Le bel été s'achève, mais avec la promesse d'autres belles saisons. Laissons les feuilles jaunir et les frimas venir. L'automne, quand il est sec, habille des plus belles parures les vieilles gares de l'arrière-pays. Reverrai-je Esneux? Reviendrai-je à Florée? Où serai-je demain? Si je le savais, je ne serais pas ici...

 

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