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10/01/2011

Premiers tours de roue à Mons, gare latérale

[Deuxième article d'une série de vingt-quatre concernant l'ancienne ligne 109 (Mons-Chimay), près de cinquante ans après sa fermeture au trafic voyageurs. Partons de Mons vers Chimay, hier, aujourd'hui. C'est un beau trajet de 79 kilomètres passant par Fauroeulx, Thuillies et Rance, pour ne citer que quelques-uns des coins traversés.]

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Dans un ouvrage intitulé "Le rail à Mons et dans le Borinage" (2001), le PFT (1) a retracé l'évolution de la gare de Mons depuis 1870, date à laquelle le premier bâtiment voyageurs fut démoli au profit d'un édifice plus vaste, mieux en accord avec les réalités citadines. Ce second bâtiment fut érigé en retrait pour créer une esplanade faisant la place belle aux trams et trains vicinaux. Est-ce là l'origine des cinq voies ferrées en culs de sacs qui formaient, sur la gauche du nouveau bâtiment, côté Jemappes, une gare latérale dont partaient les trains vers Chimay et Quiévrain vers Harmignies?

Cette seconde gare de Mons, dont la façade ressemblait à s'y méprendre à celle, encore actuelle, de la gare de Namur, subit d'important dégâts lors des bombardements de 1944. Après une courte réhabilitation, elle fut démolie et remplacée, en phases successives, par un bâtiment plus moderne, inauguré en 1952, qui est celui que nous connaissons aujourd'hui. Il sera lui-même remplacé, dès 2014, par une gare futuriste signée Santiago Calatrava, qui sera donc, historiquement, le quatrième édifice à accueillir les voyageurs du rail dans la Cité du Doudou.

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En consultant l'indicateur officiel des Chemins de fer belges de mai 1950, on remarque qu'il n'y avait que cinq liaisons quotidiennes complètes entre Mons et Chimay. L'offre sur la ligne 109 était complétée par un train Mons-Erquelinnes bifurquant, tôt le matin, à Fauroeulx par la ligne 108; par un service en fin d'après-midi au départ de Lobbes vers Chimay poursuivant vers Mariembourg; et par trois trajets en autorail au départ de Thuin-Ouest bifurquant, à Thuillies, vers Walcourt ou Laneffe par la ligne 111.

Mons1.JPGAvant d'accepter l'invitation d'Henri Scaillet d'embarquer dans un autorail, imaginons un instant le voyageur au départ de Mons, en mai 1950, à bord d'un des cinq trains à vapeur journaliers vers Chimay. Mai 1950, en pleine Question royale, avec un gouvernement social-chrétien majoritaire, à l'époque où l'idée européenne prend forme au travers d'un projet de création de marché unique du charbon et de l'acier.

Après avoir acheté son billet dans une gare en travaux, le voyageur s'est dirigé vers la voie A de la gare latérale, où soupire mollement une locomotive type 40 précédant un fourgon et trois voitures GCI. Il prend place dans une voiture de 3ème classe aux dures banquettes en bois. Les coussins, c'est pour les riches, et les riches ne prennent plus le train!

Mons2.JPGPar la fenêtre, le voyageur observe l'amical conciliabule entre le sous-chef à quai et le chef-garde du train. Leurs voix se mêlent aux claquements répétés des pelletées de charbon qui viennent alimenter le machine à vapeur, dont les soutes sont chargées de milliers de litres d'eau. C'est que les possibilités de ravitaillement seront limitées, une fois le départ donné. Et, comme on le sait déjà, c'est à un rythme de sénateur que l'on parviendra à Chimay!

Le sous-chef a donné le signal de départ; le chef-garde est monté dans la première voiture. Notre voyageur, qui s'en va à Chimay voir une cousine alitée, tient son billet nerveusement entre les doigts. Quelques secondes s'égrènent, trop lentement. Mais voilà le moment du départ, l'instant où le voyageur et la machine qui l'emmène au loin communient en un soupir conjoint. Il y a un claquement et cette première onde de traction, l'ébranlement. Et comme le soulignent ces toits qui disparaissent au loin, les premiers tours de roue à la découverte de la ligne 109.

[A SUIVRE]

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[(1) Le PFT est le Patrimoine Ferroviaire et Tourisme (www.pfttsp.be).]

[Illustrations - L'ancienne carte postale montre la deuxième gare de Mons (1870-1950), qui fut endommagée par les bombardements de 1944. Ensuite, extrait de l'indicateur officiel des Chemins de fer belges du 14 mai au 7 octobre 1950, indiquant l'horaire des trains sur la ligne 109. La petite photo, à gauche, montre la gare de Mons actuelle, ici photographiée le 3 décembre 2010. La petite photo de droite montre l'emplacement jadis occupé par les cinq voies de la gare latérale de Mons, devenue aujourd'hui un parking. En bas, vue du gril de sortie de la gare de Mons prise du viaduc de Jemappes: à gauche, la ligne 96 actuelle vers Quévy, et à droite, la ligne 97 vers Saint-Ghislain. Pour aller à Chimay, nous prenons à gauche...]

 

Commentaires

Je me souviens des années 1947 à 1952, ou je venais souvent en vacances à Jemappes, les trains pour St. Ghislain (via Jemappes, bien sûr) partaient aussi de la gare latérale ... Les rames de vielles voitures GCI étaient tractées le plus souvent par des "Type 16"

Écrit par : Guy de Valk | 08/06/2013

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