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31/01/2013

Qui sera, verra...

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Quelle est la vision du chemin de fer de demain? Derrière cette question essentielle fourmillent des interrogations par douzaines, teintées d'inquiétude et, c'est vrai, d'un peu de colère. Pourtant, je ne suis pas un de ces navetteurs qui râlent au quotidien. Vous me connaissez assez pour savoir que je vois, dans chaque retard, dans chaque correspondance ratée, une chance, une opportunité d'exister hors-le-temps, de briser la routine, de se laisser aller au hasard des gares et des gens, ces voyageurs inconnus, ces otages du moment. Mais ça, c'est ma vie.

Quelle est la vision du chemin de fer de demain? Personne ne semble le savoir vraiment. On est à peu près sûr qu'il y aura encore des trains, rentables sur les moyennes distances. Il y aura donc encore des gares, froides et robotisées, dans lesquelles marcheront toujours plus vite les navetteurs, entre deux écrans. On pourra peut-être encore voyager pour le plaisir, pour voir les siens, les toucher, les étreindre quand les écrans seront éteints. Pour le reste, trop de gens se disent qu'on verra bien, que ce qui sera, sera.

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Le chemin de fer doit-il subir une certaine évolution ou doit-il se façonner une évolution certaine? D'où viendra la réponse, sinon de cette Europe qui veut unir les porte-feuilles avant les coeurs, néolibéraliser en pensant se faire aimer? Cette réponse viendra-t-elle un matin, sous la forme d'un email à 9h02, adressé aux chers clients, pour annoncer fermetures et suppressions, travaux et tarifs majorés, sans le moindre recours, sans avoir sondé le moindre client? Ce n'est pas impossible, pensez-vous sans doute. Il en va déjà de la sorte, vous dites-vous peut-être...

Quelle rentabilité pourra-t-on choisir pour le chemin de fer? Celle, néolibérale, qui apportera de gros profits à une petite caste d'actionnaires ne prenant jamais le train? Ou celle qui se souviendra de l'utilité publique et acceptera que les bénéfices des grandes lignes couvrent en partie les déficits des petites lignes? Pourra-t-on encore monter à Gouvy et descendre à Pry, monter à Quévy et descendre à Landelies? Il est fait de paradoxes, ce monde où l'on semble penser que des forêts d'éoliennes suffiront à chasser au loin le mauvais air qu'on respire.

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Quand est-ce que les pontes du chemin de fer admettront qu'il y a un service après-vente, en arrêtant de confondre voyages et voyageurs dans les statistiques? Quand auront-ils assez de charisme pour motiver davantage agents et clients, et les fidéliser dans un vrai projet de société? A force de mal communiquer, avec des langues de bois jusque dans les nouveaux media, ils anesthésient les uns et les autres, résignés et passifs, alors que tout ça, toute cette vie sur les rails ou tout au long, pourrait être excellent.

Quelle est la vision du chemin de fer de demain? Personne ne semble le savoir vraiment. L'erreur n'est-elle pas de l'accepter et de se taire, et de se dire qu'au fond on ne pourra rien y faire? Et que qui sera, verra...?

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[ILLUSTRATIONS - :tout en haut: Le Fyra, dont une rame traversait Bruxelles-Nord le 14 juin 2012 lors d'un parcours d'essai, est le symbole de ce qui ne va pas aux chemins de fer aujourd'hui. Les media vous ont expliqué pourquoi ces dernières semaines. :ensuite: Les nouvelles rames Desiro ML, après quelques problèmes de jeunesse, envahissent le réseau. Mais essayez de travailler sur un laptop ou de rédiger un article à l'encre comme je le fais encore - c'est la galère... :ensuite: Prendra-t-on encore longtemps le train en gare de Gouvy, ici photographiée le 29 décembre 2008? :tout en bas: Le soir tombe sur les voies enneigées menant à Charleroi-Sud le 13 janvier 2013.]

23:58 Publié dans caténerfs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sncb, trains, gares