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26/01/2015

L'échafaud d'Engis

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sncb,gare,engis,ligne 125,trainLe vent d'ouest qui balayait la Meuse était chargé, comme souvent à Engis sous un ciel bas. Il y a, du pont surplombant les flots déterminés, un plaisir visuel assuré quand les vapeurs de Prayon disputent aux nuages l'horizon. Vivifié, comblé, j'ai remonté le cours un temps pour mieux contourner la gare, dont on a une vue plongeante, là-haut, quand on flanque la roche.

A Engis, entre Flémalle et Huy, on prend tout son temps pour transformer l'ancien bâtiment des recettes en maison de quartier. Les échafaudages s'éternisent; le chantier a pris un retard considérable. Et on n'est pas près de revoir le long des rails un édifice qui les honore. Trois ans de retard: derrière le grillage, derrière la ferraille, chercherait-on à trop bien faire?

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sncb,gare,engis,ligne 125,trainTant pis. Il doit y avoir une raison aux retards; les voyageurs le savent bien. Avec indulgence, on soutiendra même que l'échafaud lui sied. Mieux vaut le gros appareillage que de grosses caries, n'est-ce pas? Et puis la gare retrouvera, tôt ou tard, un habitant qui, on l'espère, aura l'âme d'un chef de gare...

C'est qu'en humant cet air humide, en revenant vers la gare appareillée, on voit comment, d'ouest en est, le fleuve et le rail ont creusé un double sillon pour le voyage et l'industrie. Par-delà les toits des quartiers ouvriers, on comprend que tout était lié: les hommes et la pierre, les bateaux et les trains, les cheminées et les chimères. Et donc, à en croire l'échafaud, les retards de la gare ne sont dus qu'à sa mue profonde, froide, calculée.

En traversant le passage sous les voies, désormais richement graffé de superhéros, j'ai relevé les anachronismes. Et je me suis demandé, l'air aidant, si les embruns d'Engis n'endormaient pas les gens. Si à force de charrier les tourments des générations d'ouest en est, la Meuse ne cherchait plus qu'à embrumer les volontés, dont celle de rendre aux rails d'Engis une gare rassurée...

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[ILLUSTRATIONS - Les deux photos en haut de page ont été prises en gare d'Engis le 30 décembre 2014. Les trois suivantes ont été prises le 29 décembre 2013. Le bâtiment sera-t-il achevé si je retourne le 31 décembre 2015?] 

12/01/2015

En poursuivant le chemin avec moi...

Lobbes, gare, SNCB

Nous voici déjà en 2015. Meilleurs vœux à toutes et tous; l'année à venir sera difficile pour les chemins de fer belges. Il y a la dette et la charge de la dette, déjà colossale, une crise qui s'éternise et un gouvernement fédéral brouillon et naturellement frileux en matière de transports en commun. Il y a l'Europe, ce rêve qui passe mal et fait mal, un consumérisme qui endort les gens, un manque d'altruisme un peu partout...

En 2014, nous avons honoré la mémoire des victimes d'une autre guerre, la Première, à Tamines. A Godinne, nous avons regretté l'insouciance, celle des disparus qui ont oublié qu'un train en cachait parfois un autre. A Berlin-Nordbahnhof, nous nous sommes rappelés que le meilleur remède contre la mort, c'est la liberté. Y compris celle de revenir sur les tombeaux anciens, comme lors d'un croisement à Baulers.

Meilleurs voeux de vie et de liberté, donc, en 2015. La liberté d'aller en train un peu partout et surtout là où les gens sont rares mais importants. Dans des villages ayant grandi le long des rails, entre le sud du Sillon et l'Ardenne, entre la Fagne et la France. Car c'est en parlant en bien des petites lignes menacées, aussi et encore, qu'on préservera cette liberté. Le voyageur que je suis continuera à prêcher pour sa ligne, la 130A, celle du train d'Erquelinnes. Voyageons ensemble librement.

Meilleurs voeux à toutes et tous, encore! Souhaitez-moi pareil car l'année à venir sera délicate. Il en va ainsi tous les quatre ans, le travail oblige. Et donc, alimenter ce blog de manière soutenue sera un défi, avant septembre du moins. Les sorties seront rares et il y aura du stress. Après l'été, je ne tiendrai plus en place. Espérons que l'automne 2015 soit ensoleillé...

Mais chose promise, chose due. Partons, pour entamer l'année, à Engis où m'a envoyé un lecteur. Que devient la gare, où les travaux semblaient viser la perpétuité? Vous le saurez dans quelques jours, en poursuivant le chemin avec moi...

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