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28/02/2015

Bien mal à Bomal

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sncb,gare,train,bomal,ligne 43Ce n'était pas la première fois que je descendais à Bomal, et ce n'était pas non plus la dernière. Le hic, c'est que mes passages y sont toujours éphémères, soit parce qu'on m'emmène ailleurs, soit par la faute des éléments. Et donc ce lieu villageois et de villégiature m'échappe et me confond. Comme je ne contrôle ni la famille ni les éphémérides, je m'énerve vite à Bomal.

Sottement, ce jour-là, j'ai espéré que le brouillard occulterait mon impuissance à faire des silences de Bomal un air chantant. J'ai espéré naïvement que la neige des jours derniers aurait tenu, pour rendre un peu de matière aux troncs tristes balisant les torrents. Mais ni la brume ni la neige n'avaient encore prise, renvoyant l'image d'une localité désolée.

J'ai espéré que l'écume de l'Ourthe ou d'une Chouffe me retiendrait cette fois, mais j'avais déjà trop froid. De rares touristes flamands flânaient ou ronronnaient autour d'un chocolat chaud au Café Carré. Je n'ai trouvé, à l'évidence, aucun vieux combattant qui tienne à ma parler du village ou de ses gens, de leur histoire ou de leurs tourments. Bref, personne pour me parler de Bomal en bien.

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sncb,gare,train,bomal,ligne 43J'ai espéré, en repartant vers la gare moins d'une heure plus tard, qu'elle suffirait à me consoler. Après tout, elle parait marrante, elle qui fait penser à un gros bloc Lego posé, un peu négligemment, au milieu du paysage. Une gare à trois voies, en pierre, au sang froid, avec un guichet et des agents qui, vus de loin, vêtus de jaune, ressemblent à des Playmobil.

Mais c'était en vain. La gare, beaucoup trop jeune, ne m'a été d'aucun secours. Avec l'énergie du désespoir, je l'ai photographiée encore, en priant pour que mes clichés me forcent à revenir bien vite pour conjurer le sort. Histoire de me prouver qu'être bien mal à Bomal n'est pas une fatalité, et que viendra bien le jour calme et ensoleillé où nous serons enfin en phase.

 

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[ILLUSTRATIONS - Photos prises en gare de Bomal le 11 août 2012, le 12 août 2012 et le 30 décembre 2014] 

06/02/2015

Balle au centre SVP!

La saga politico-ferroviaire de ces derniers jours pourrait paraître comique si elle ne touchait pas aussi profondément la vie de milliers d’usagers. Divers sondages menés par la presse, les associations d’usagers et Test-Achats ces dernières semaines ont en effet produit des pourcentages presque staliniens de voyageurs mécontents tantôt du nouveau plan de transport, tantôt du service global proposé par la SNCB. Depuis, tout le monde s’en mêle. Je n’ose imaginer le défouloir que doit être Facebook à ce sujet pour l’instant…

Les patrons du rail ont osé affirmer en commission parlementaire que la déontologie de Test-Achats tenait sur un timbre-poste. Du coup, l’association de consommateurs souhaite les trainer en justice pour calomnie. Ces mêmes patrons se seraient encore dédouanés en suggérant que ce soient les écoles qui s’adaptent aux horaires des trains et non l’inverse. Voilà la classe politique en émoi devant ces énormités, prête à saisir l’occasion offerte par une quasi-unanimité populaire. Quel sera le prochain épisode ?

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A moins de changer de méthode, le débat pourrait rester stérile longtemps, avec ses incompréhensions et ses amalgames, entre SNCB-bashing et déontoclashing. Jo Cornu, l’administrateur délégué de la SNCB, semble complètement dépassé par sa tâche, jusqu’à en oublier la nature même de la société qu’il dirige, sans parler de sa valeur sociale. A sa décharge, il faut reconnaître que l’Europe impose une vision du rail qui tranche radicalement de la tradition belge. Car de tous temps,  les chemins de fer belges ont été un état dans l’état, hiérarchisé à outrance, une « grande muette » qui communique bien mal et découvre seulement, après tant de temps, qu’un voyageur est un client. Et préfère le punir collectivement, semble-t-il, que de le remercier de sa fidélité, individuellement.

Une fois l’excitation retombée, il faudra trouver le trait d’union, celle ou celui qui pourra rassembler au-delà des clivages et des frontières. Idéalement, cette personne sera un usager fréquent du rail, un Commissaire spécial pouvant présider, avec sérénité et transparence, des assises nationales du chemin de fer regroupant, autour de la même table, d’égal à égal, tous les acteurs du monde des train. Une partie à quatre – les voyageurs, les autorités compétentes, les sociétés ferroviaires et les travailleurs du chemin de fer – avec assez de respect et d’empathie pour arriver à des compromis et discuter valablement de la mobilité belge de demain. A défaut, c’est l’Europe qui, d’une façon ou d’une autre, choisira pour nous. 

Alors, pots de terre contre pots de fer, il est temps de siffler la fin de la récré. Balle au centre SVP !