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25/08/2007

Profondsart, une gare étriquée en sursis

J'aime prendre le temps de photographier les gares que je visite. Evidemment, plus le site de la gare est vaste, plus de temps il me faut. En moyenne, je prends un quart d'heure pour un point d'arrêt ou pour une "simple" gare (le bâtiment et les deux quais), et jusque trois fois plus pour un ensemble plus spacieux. Il arrive cependant que je doive composer avec les éléments, principalement la pluie, tandis que je m'obstine et refuse de faire simplement demi-tour après un voyage entamé depuis... des heures. A ce titre, ma visite de la gare de Profondsart restera longtemps dans mes annales ferrovipathes...

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05/08/2007

Ballade estivale sur la 162

 

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Poix2.JPGUn jour de congé! Un plaisir devenu trop rare ces derniers mois, mais que j'ai mis à profit, ce vendredi, au travers d'une promenade ferroviaire prévue de longue date. J'avais trente destinations en tête, en sachant que la préférence irait à celles qui proposeraient du calme, des pierres, de la verdure. Presque inévitablement, elle devait m'emmener en province de Luxembourg, loin des lieux communs.

Je me suis levé comme pour aller travailler. A 8h05, je montais dans le train vers Namur, le coeur en fête. J'ai pris des notes à chaque arrêt du train, alors que défilaient des campagnes que le relief et les premiers ballots de paille faisaient onduler. Des lieux aux noms respirant le foin: Florée, Haversin, Chapois, Grupont. A 10h56, je débarquais à Poix-St. Hubert. Saisi, stupéfait par la grâce figée de sa vieille gare délaissée. Pendant deux heures, je l'ai photographiée de près, de loin, du quai, de la cour à marchandises, dans l'herbe ou le gravier, caché derrière un arbre ou au milieu du passage à niveau. Ce soir, je sais qu'elle m'appartient un peu. Je pourrai en rêver la nuit, en la peuplant de gens étranges ou boursouflés.Grupont_2007.JPG

J'ai ensuite repris le train en mode cabotage, afin de prendre du plaisir en des lieux divers. Deuxième arrêt du jour, la gare de Grupont est une autre belle dame endormie trônant sur un village fleuri. L'église, pourtant érigée sur la colline, ne lui fait pas d'ombre. C'est joli là-bas, et il y a une taverne en contrebas de la gare pour ceux qui ont soif. Comme en beaucoup d'endroits du Royaume, la gare est désormais une habitation privée, et les occupants ne semblent pas du genre à vouloir vendre billets et abonnements. Il n'empêche: c'est si calme ici que je viendrais bien m'y poser chaque été. Un jour de vacances à Grupont, et vous voilà remis pour de bon!

Mais comme je n'en avais pas encore assez, je me suis laissé entraîné par le soleil vers un autre lieu, toujours sur la ligne 162, mais au nord de Ciney cette fois. Et une nouvelle fois, je suis resté ébloui. La gare de Natoye est coquette, c'est certain. Même les abris sur les quais sont d'un blanc seulement jauni par le soleil. Du coup, dans ses couleurs, la gare dégage un air méditerrannéen. Paradoxe, c'est quand on cherche à l'enfermer dans un angle coquin que la gare se laisse photographier le plus docilement. Pour l'histoire, elle est désormais occupée par un vendeur de peintures, dont on imagine qu'il trouve un intérêt tout particulier à ce que sa façade ferroviaire reste ensoleillée et donc nue de toute peinturluration schizophrène...

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[Illustrations - Tout en haut, la gare de Poix St. Hubert paraît endormie. En haut, à gauche, passage de l'automotrice 174 à Poix-St. Hubert le 3 août 2007. Au milieu, à droite, la gare de Grupont est d'une beauté intemporelle. En bas, la gare de Natoye est particulièrement coquette.]

31/07/2007

Anseremme, un havre de paix

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Je ne suis jamais aussi heureux le long des rails que lorsque vient à moi une gare champêtre, vestige d'une époque glorieuse où la voiture était un luxe que peu de gens arrivaient à s'offrir. La gare d'Anseremme est peut-être celle qui résume le mieux ma passion... Entrons!

Anseremme2.JPGVoici une gare que j'ai découverte un peu par hasard, en 2006, lors d'une promenade en solitaire en bord de Meuse. Je voulais voir Dinant. Pour moi, voir une ville, ce n'est pas visiter ses musées, contempler ses monuments ou même aller à la rencontre des âmes qui la peuplent. Pour moi, découvrir une ville, c'est y déambuler nonchalamment, tel un touriste malgré lui. Je veux palper les nationales qui y mènent, prendre le pouls des cités qui l'entourent, sentir l'appel d'air créé par les voitures qui y défilent, la contourner et puis y tourner, regarder les vitrines des artisans, m'incliner devant la fontaine du coin, faire un clin d'oeil à la girouette au sommet du clocher. Mais tout part de la gare. Une ville sans gare est une ville sans fard.

On a vite fait le tour d'Anseremme, blottie dans un méandre de la Meuse. Les habitations bourgeoises sentent l'ennui. Le clocher y est sympa, mais on se rappelle vite qu'il sert trop souvent de phare aux touristes éméchés dès la nuit tombée. La gare, si elle ne permet pas d'en finir avec la décadence, offre toutefois un répit. Lorsqu'au printemps on s'y trouve seul, c'est-à-dire sans les nuées néfastes de louveteaux boutonneux, c'est même un havre de paix, qu'entretient fidèlement un cerisier du Japon tout en fleurs...

Anseremme3.JPGAvec un bon coup de pinceau, elle serait tellement plus jolie. Son état de délabrement fait peine à voir, toute borgne et cicatrisée qu'elle est. Et pourtant...

Et pourtant... je m'installerais volontiers dans une chaise longue sur le quai opposé pendant des heures, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau. Je m'improviserais chef de gare l'espace d'un instant, saluant machinistes et accompagnateurs en transit. Oh, je ne lui ajouterais aucune modernité et certainement pas un distributeur de boissons. Elle mérite mieux que ça, et surtout qu'on la laisse tranquille. Après tout, elle n'est pas encore aussi vilaine que les gares de Thuin ou d'Assesse, qui sont de véritables hontes nationales. Elle est juste vieille et très fatiguée. Mais elle est restée coquette et a conservé un charme bucolique que beaucoup d'autres lui envient. Alors voilà, belle dame à la robe de pierres, pourquoi je vous aime. Et si nous prenions le thé?

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[Illustrations: Photos prises devant, derrière, à gauche, à droite dans la vieille gare d'Anseremme, sur la ligne 166 (Dinant-Bertrix), le 30 avril 2006.]

 

 


15/07/2007

Watermael

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Ce jour-là, on pouvait la visiter. S'y tenait une exposition intitulée "Une gare - un quartier: une histoire". Sans hésiter, j'ai franchi le seuil. En fermant les yeux, j'ai revu ces hommes à chapeau qui, jadis, attendaient le convoi pour se rendre au travail dans le coeur de la capitale. Au fond, cela n'a pas beaucoup changé de nos jours, sauf pour les chapeaux. Mais revenons à la gare, splendidement restaurée. Si l'exposition était avare de belles photos la montrant dans son habit d'autrefois, elle rappelait néanmoins le rôle qu'a joué le chemin de fer dans le développement du quartier. Maintenant que je la voyais de l'intérieur, il me fallait en saisir les contours extérieurs, de très près, de loin, de très loin. L'immortaliser. Sait-on jamais ce que nous réserve demain...

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[Illustrations - :en haut: L'affiche de l'exposition "Une gare - un quartier: une histoire". :en bas, à gauche et à droite: deux vues de la gare de Watermael, prises le 25 avril 2007.]