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17/04/2009

Pour une RAVeLisation raisonnée

Comme je le soulignais récemment, j'ai déjà passé de bien beaux moments sur les sentiers du RAVeL. Que de belles communions avec la Sambre, par-delà la Lesse, le long de l'Ourthe! Moi, l'enfant des villes, du tout au béton, du commerce pour le commerce, il me manquait faune et flore et le parfum essentiel des pâtures au petit matin. Je me réjouis donc des initiatives qui ramènent l'homme à la nature et la nature à l'homme.

RAVeL5.JPGMais ce XXIe siècle sera celui des défis, qu'ils soient économiques, alimentaires, sanitaires ou environnementaux. On commence à le comprendre, mais on ne dit pas assez que la remise en question concerne chaque homme et femme. Des réductions de CO2 certes, mais également une attention de tous les instants à sa propre empreinte écologique. Des moteurs moins polluants certes, mais également la promotion d'une nouvelle éthique de la mobilité. Et donc du train plutôt que de la voiture, là où c'est possible.

Je souhaite ici suggérer aux décideurs de ne pas déferrer à tout-va! Ne remplaçons pas toutes les anciennes voies de chemin de ferpar des RAVeLs! Si la mobilité des uns risque de se heurter au plaisir des autres, il faut oser proposer une vision d'avenir. Prévoir à long terme. Regarder plus loin que le bout de son nez. Pas évident pour nos politiciens perpétuellement en campagne!

RAVeL4.JPGVoici peu, nos élus wallons préparaient le terrain pour un démontage de la ligne 154 entre Dinant et Givet, il est vrai fermée au trafic voyageurs depuis juin 1988, et sa transformation en RAVeL. Au même moment, du côté de Givet, en France, les pouvoirs régionaux proposaient d'investir dans la réouverture de ce même tronçon de ligne et d'étudier la création d'une liaison entre Namur et Reims! Et Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge, de rappeler à nos élus wallons que la décision de démonter une ligne ferroviaire relevait du fédéral. Décidément!

L'ancienne ligne 141 entre Court-St-Etienne et Baulers pourrait bien être l'exemple type d'une occasion ratée. Du côté de la SNCB, on se dit qu'elle permettrait d'étoffer le maillage ferroviaire dans le cadre du RER d'ici quelques années, dans une région à forte densité de population. Mais voilà! Déferrée début 2007, suite à l'arrêt de la sucrerie de Genappe qui seule l'utilisait encore, la ligne 141 est devenue un sentier de promenade, agréable certes, mais peu fréquenté hors week-end et par mauvais temps. Quand je vous disais que la mobilité des uns pourrait se heurter au plaisir des autres...

Le rail semble promis à un nouvel essor, comme en attestent les statistiques de fréquentation des trains, en hausse constante ces quelques dernières années. S'il n'est pas question de rouvrir toutes les anciennes lignes de chemin de fer, il est néanmoins temps d'adopter une attitude plus attentiste et moins populiste. Comme le souligne le Journal du Chemin de Fer dans son édito du n°168 de mars-avril 2009: "Pour rendre ces réouvertures possibles, encore faut-il prendre toutes les mesures conservatoires nécessaires, non seulement en n'aliénant aucune plate-forme ferroviaire comme cela a été généralement la règle jusqu'à présent, mais aussi en refusant des aménagements tels qu'un retour au ferroviaire ne serait plus envisageable."RAVeL6.JPG

(Illustrations - En haut: L'ancienne ligne 150 est aujourd'hui un RAVel très agréable qui joue à cache-cache avec la Lesse. Ici, la sortie de l'ancien tunnel ferroviaire d'Hour-Havenne. Au milieu: Ne nous pressons pas de démonter la ligne 154 de Dinant à Givet! Si un RAVeL le long de la Meuse ferait une magnifique randonnée, du côté français on envisage un IC Reims-Namur. En bas: Du côté de Sombreffe, l'ancienne ligne 147 a laissé place à une étrange combinaison de fer et de bitume. Il subsiste ça et là quelques courts morceaux de la voie jusque Ligny. Les nostalgiques apprécieront ou s'en contenteront.)

07/03/2009

RAVeLs d'eau et RAVeLs de fer

Nombreuses déjà sont les anciennes voies de chemin de fer à avoir été déferrées et aménagées en sentiers pédestres et cyclistes. Et ce tant en Flandre qu'en Wallonie. Dans cette dernière, le RAVeL, le Réseau Autonome des Voies Lentes, est en constante expansion. De 960 kilomètres en 2008, il pourrait atteindre les 2500 kilomètres dans les dix années à venir. Certes, tout dépendra du degré de mobilisation des différents intervenants et de la disponibilité de fonds publics, alors que les caisses des régions, des provinces et des communes risquent de s'épuiser sous l'effet de la crise économique actuelle.

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Je suis un usager piéton assidu des différents sentiers RAVeL. De la frontière française jusqu'à l'abbaye de Floreffe, ou de Houyet à Rochefort, j'ai écumé le bitume en savourant ces moments nature. Toujours armé d'un appareil photo, je me suis étonné de la diversité du biotope. J'ai humé les humeurs de la Sambre et de la Lesse. Je me suis émerveillé devant les vestiges que l'industrie a abandonnés aux passants d'aujourd'hui, qui se souviennent et s'inclinent. J'ai osé rêver de charbonnages en activité et de fonderies en éruption. J'ai foulé le pavé RAVeLien avec l'entrain d'un gamin un peu fou.

RAVeL2.JPGRAVeLs d'eau et RAVeLs de fer rendent aux gens de la ville des sensations oubliées. Il y a d'abord l'accès à des étendues à l'urbanisation éparse, cette impression d'un retour à notre mère la terre et d'une nouvelle écoute du milieu et de soi. Puis il y la palette olfactive que viennent chatouiller, tour à tour, les blés d'été, la rosée d'automne, la brume hivernale et la sève printanière. Et puis surtout, il n'y a pas d'écrans; on ne triche plus ici. Mais RAVeLs d'eau et RAVeLs de fer rendent aussi aux gens des champs l'envie de vivre pour soi et de ne pas faire comme les gens des villes. Oubliez les plages lointaines et les déserts pharaoniques, et redevenez maîtres de vos terres. Celles que vous ne saviez plus si proches ni si belles...

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22/10/2008

Anatomie d'une escapade - 2ème partie

 

C’est transi de froid que je suis revenu à la gare. J’étais persuadé que je choperais une grippe, au mieux un rhume – finalement il n’en fut rien. Le site de la gare de Florenville est un endroit austère. Pas de commerces, pas de bistrot. Les seuls mouvements, outre les passages de trains, concernent le dépôt des TEC situé non loin. Mais soyons-en sûrs, les bus ne défilent pas plus que les trains.

 

Puisque l’endroit est calme, j’ai pris tout mon temps pour photographier le plateau de la gare. J’ai immortalisé le bâtiment voyageurs de loin, puis de près, dans la profondeur, puis dans le détail, et sous différents angles. Mais il faisait tellement froid que même mon numérique semblait à la peine. Mon doigt gelé semblait appuyer sur le déclencheur une seconde trop tôt ou une trop tard.

 

Pris de la – rare – envie de savoir à quelle heure partait le prochain train, je suis rentré dans la salle des guichets, ou plutôt du guichet. J’ai regardé l’affiche jaune, puis me suis assis quelques instants afin de me réchauffer et d’avaler un sandwich. Derrière le guichet, l’employé me paraissait sympathique. Revigoré, je lui ai expliqué que je photographiais les gares et, conscient de l’absence d’un passage sous voies, je lui ai demandé s’il m’autorisait à traverser les voies afin d’aller prendre des clichés sur le quai opposé. Il m’a donné son aval mais en a fait beaucoup plus encore. Pensant voir en moi un trainspotter (que je ne suis pas réellement), il m’a averti chaque fois qu’un convoi de marchandises descendait ou remontait vers Florenville ! Touché par cette attention, j’ai veillé à photographier chacun des trains en passage, pour la plupart tractés par des séries 13.

 

 

 

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13/10/2008

Anatomie d'une escapade - 1ère partie

Toutes mes escapades se font en solitaire. Pas nécessairement par choix - mais franchement, qui se plierait volontiers à une journée entière dans les trains afin de photographier trois gares lointaines? En hiver, alors que les températures peinent à dépasser les zéro degré? Pas grand monde. Il y a bien les trainspotters, mais on ne photographie pas tout à fait la même chose et puis... je n'en ai encore jamais rencontré.

Une escapade se prépare toujours bien à l'avance. D'abord en rêves. Puis avec une carte et un indicateur SNCB. La veille au soir, je finalise mon itinéraire et recharge les piles. Je prépare mes sandwiches du lendemain midi et les boissons. Ah, je n'essaie jamais de voir à quoi ressemblent les gares avant de partir!

Le 3 janvier, je me suis levé aux aurores. Direction Florenville, via Libramont et Bertrix. J'étais sur le quai de la gare de Nivelles à 6h55. Nivelles-Charleroi dans l'IC, la correspondance à Charleroi-Sud qui est toujours très juste, puis Charleroi-Namur. Namur-Libramont avec les fameux arrêts à Ciney, Jemelle et Marloie. Et puis près d'une heure avant d'embarquer pour Florenville et y arriver à 11h passées...fdf950b60c3e0e41406e45abffc47fcb.jpg

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08/10/2008

Me faire plaisir

e7b964df33869b3a93d2075d5bbe4363.jpgMe voilà enfin installé à Lobbes, mais déjà j'ai la bougeotte et j'aspire aux voyages et aux retrouvailles avec les quais glacés par l'hiver. J'aspire aussi à vous en proposer davantage, en hiver comme en été.

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