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13/07/2013

Petite euphorie à La Rochelle [F]

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sncf,la rochelle,gare,trainNouvelle mission éclair, nouveau congrès, nouvelles palabres sur les convergences dans l'action internationale des syndicats et des mutuelles. Dix-sept heures de train pour quarante heures à La Rochelle. Alors que le TGV quitte déjà Surgères, je me repasse le court-métrage de ce séjour bref mais ensoleillé, sans vrai tourisme, mais avec du bon travail et de belles retrouvailles.

Jean-Pierre, qui est rochelais, m'a montré la ville en voiture le lundi midi. Il y a le vieux port et ses tours, le Cours des Dames, des récits de corsaires et de sergents, beaucoup de choses à voir, apprendre et comprendre. Si vous n'avez jamais visité La Rochelle, je vous la conseille car moi j'y retournerai. Les marais poitevins ne sont pas loin, l'Ile de Ré encore moins.

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sncf,la rochelle,gare,trainLes Rochelais sont fiers de leur ville et ils aiment la montrer. L'incendie, le 28 juin dernier, de la mairie, de leur mairie, leur a crevé le coeur. Cet attachement au patrimoine explique en partie l'amour qu'ils éprouvent pour leur gare, un monumental bijou architectural. Au volant, Jean-Pierre l'a contournée pour moi et me l'a offerte à 360 degrés.

Au matin, avant de grimper dans le TGV, je me suis offert une heure en gare. C'est là que je me baigne. Objectif en main, j'ai pris les mesures de l'édifice, bâti entre 1910 et 1922. Le magazine 2013 de La Rochelle Tourisme la décrit comme "la dernière grande gare monumentale que les chemins de fer de l'Etat français font édifier". Le train se prend encore aujourd'hui sous une halle enchanteresse, rénovée en 2009.

A la quarantième heure de mon séjour à La Rochelle, j'ai photographié sa gare, les coquilles et crustacés ornant sa façade. J'ai aimé sa folie, née de sa démesure, celle d'une construction titanesque mais visionnaire pour une ville qui, en 1922, ne comptait que 30.000 habitants. En fait, cette dernière heure, c'était comme un amour de vacances, un moment léger, une petite euphorie...

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[ILLUSTRATIONS - La première est une carte postale achetée et les quatre autres sont des photos prises en gare de La Rochelle le 9 juillet 2013.]

26/06/2013

De Saint-Malo (F) à Thuin

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Ce n'est pas dans un navire, mais dans un train que j'ai embarqué à Saint-Malo le mercredi 12 juin, à 9 heures 30. Retour à la maison, après deux jours de congrès, un discours et plein de nouveaux contacts. Dans le TER Bretagne qui m'emmenait vers Rennes, j'ai voulu fermer l'oeil. Mais je me suis repris, car il y avait des choses à voir le long des rails.

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train,thuin,saint-malo,ter,sncf,sncb,thalys,gareL'automotrice ZGC s'est arrêtée à Dol-de-Bretagne, Combourg et Pontchaillou. A travers la vitre, j'ai regretté de ne pouvoir descendre à Dol, dont la gare, si belle, si basse, si propre, implorait que je la photographie. De Combourg, j'ai retenu qu'elle a dû s'étendre, il y a sans doute longtemps, en un faisceau de voies bien garnies. Pontchaillou est un point d'arrêt en banlieue de Rennes, connu pour son hôpital universitaire.

A Rennes, j'ai attendu le TGV pendant vingt minutes. Deux rames, l'une venue de Brest, l'autre de Quimper, se sont succédées puis accouplées, voie 3. A bord, je me suis calé, sac sur les pieds, voiture 19, place 33, à la fenêtre. J'ai admiré l'arrivée du train en gare de Laval, dont la modestie tranche avec la taille de la ville. On a traversé Vitré, où il faudra que j'aille un jour pour ses rails. Après l'arrêt au Mans, j'ai succombé, les yeux éteints, un petit moment.

train,thuin,saint-malo,ter,sncf,sncb,thalys,gareLe TGV est entré à Paris-Montparnasse avec un retard d'un quart d'heure, consécutif à un problème de signalisation. Puis, ça a été la folle traversée de Paris, par la ligne 4 de la RATP. Saint-Sulpice... Odéon... Etienne Marcel... jusqu'à la gare du Nord. Le Thalys attendait déjà à quai. A bord, je me suis calé, sac sur les pieds (décidément...), voiture 7, place 21, fenêtre toujours. Dans les brumes d'un sommeil guettant, j'ai perçu les commotions nées d'une contestation au sujet de la date de validité d'un billet et de l'agitation autour d'un voyageur fort malade.

Après plus de six heures de voyage, je suis arrivé, à moitié éveillé, à Bruxelles-Midi. J'ai trouvé, voie 21, un train P qui m'a ramené vers Charleroi et ma routine ferroviaire. Le but s'est rapproché, mon lit aussi. Sac sur les genoux, j'ai peu remarqué les arrêts à Marchienne-Zône et Landelies. De Saint-Malo à Thuin, il y a huit heures et une minute de train, sans naufrage mais avec courage.

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[ILLUSTRATIONS - Photos prises le 12 juin 2013; les trois premières en gare de Saint-Malo [F], les deux suivantes sur les quais de la gare de Rennes [F] en attendant la correspondance.]

29/05/2010

(F) Jeumont et je rentre

[Treizième et dernier article d'un parcours le long de la Sambre, le long de la ligne 130A, avec arrêts à Marchienne-Zone, Landelies, Hourpes, Thuin, Lobbes, Fontaine-Valmont, Labuissière, Solre-sur-Sambre, Erquelinnes Village et Erquelinnes. Mais parfois, les automotrices de la SNCB franchissent la frontière, juste un peu.]

Jeumont1.JPG

Jeumont2.JPGIl est étrange, le court parcours qui mène huit trains par jour d'Erquelinnes à Jeumont. Deux kilomètres de voies usées par les lourds convois de frêt, égrénées à faible allure par de rares voyageurs aux billets "Trampoline". Il est étrange, ce no man's land frontalier, macabre dans son silence et son abandon, qui fait hésiter. Deux kilomètres de voies au ballast noirci par le temps, la négligence des uns, l'indifférence des autres.

Un homme à moustache, au képi différent, m'interpelle en gare de Jeumont. Je décline mon objectif, lui ses consignes. Je pointe donc là où je peux, sur la première voie, où la vieille automotrice stationne encore, avant son retour chez nous.Jeumont3.JPG Je rêve d'un uniforme et d'un laisser-passer, dans cette ancienne gare frontière au faisceau rouillé. Je rêve d'une fenêtre sur le passé et d'une visite guidée de la douane et des guichets.

Je m'attarde encore dans la gare et ses alentours. Ce n'est pas l'heure du TER; les lieux sont donc déserts. Depuis 2007, la salle des pas perdus, dans laquelle on ne se perd plus, fait partie d'un centre artistique dédié au numérique. Je m'attarde encore dans la gare, la gorge nouée. Ce n'est pas l'heure du souper, mais il me faut rentrer. Un jour, c'est certain, à Jeumont en transit je viendrai, pour de nouvelles aventures vers le Nord et Calais.

Je m'éloigne, dans un mélange de rires et de larmes. De Charleroi-Sud à Jeumont en train je suis venu, pour vous montrer ce que j'y ai vu.Jeumont4.JPG J'en suis heureux, mais le train n'ira pas plus loin. Alors, c'est le long de la Sambre que je rentrerai, sans laisser-passer ni visite guidée. Il est étrange, ce chemin de fer et d'eau qui mène les hommes de pont en pont, de val en val, de ville en ville, par-delà l'horizon.

Je rentre à la maison en mesurant ce qui a changé le long des rails depuis mon passage. Les hommes bâtissent un hall omnisports à Erquelinnes. Ils rénovent enfin la vieille gare de Labuissière. Ils élaguent à Lobbes. Toujours rien à Thuin, mais ils reposent la voie côté nord dans le tunnel de Leernes. Ils ferraillent les 22 déclassées de la Zone à Marchienne. Je rentre à la maison en longeant les rails, de jour comme de nuit, par-delà l'horizon.

Labuissière5.JPG

[Illustrations - :tout en haut: Vue de la gare côté place, prise le 30 avril 2010. A gauche de l'image, on distingue l'entrée vers les guichets SNCF, qui se situaient jadis dans l'aile désormais garnie d'une superstructure en aluminium et en plexiglas. :en haut, à droite: Vue de l'autre côté de la place, le même jour. La partie de la gare à l'avant-plan accueille la Plateforme des arts et technologies numériques. Détonnante reconversion! :au centre, à gauche: A peine trois minutes après son arrivée en gare de Jeumont, le 30 avril 2010, l'automotrice 753 de la SNCB se prépare déjà à repartir vers Charleroi. :en bas, à droite: Vue latérale de la gare de Jeumont, toujours le 30 avril 2010. Le style de cartouche, dans lequel est inscrit le nom de la gare, est typique de l'architecture des gares de l'ancienne Compagnie du Nord (Français ou Belge). N'y a-t-il pas une soudaine ressemblance avec la face latérale de la gare de Quévy? :tout en bas: en rentrant chez moi, à l'issue de ces treize articles sur la ligne 130A, je constate, le 24 avril 2010, que l'ancienne gare de Labuissière est en travaux, sans doute en vue d'en faire une habitation privée salubre.]

25/07/2009

Bully-Grenay (F), un sombre lieu bien charmant

Je ne quitterai pas la Belgique cet été. Comme j'ai acheté une maison l'été dernier et qu'il me reste à dompter un jardin à la végétation plus que luxuriante, je passerai mes congés à domicile, en prenant soin toutefois de m'évader un jour ou cinq. Je me vois bien aller à Spa, à Virton, à Lier. A Tilff, à Paliseul, à Amay aussi...

Mais que cela ne m'empêche de vous parler de mes vacances de l'année dernière. Mes étranges vacances, à suivre des fans de Céline Dion la pourchassant d'Arras à Genève. Heureusement qu'il y avait des gares! N'ayant effectué aucune recherche préalable, je ne savais exactement laquelle choisir, au départ d'Arras, pour assouvir ma passion d'ambiances ferroviaires. Avec seulement une poignée d'heures à disposition, j'espérais taper juste et éviter les points d'arrêt les plus quelconques. D'autant plus que de gros nuages noirs plombaient l'horizon.

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C'est ainsi que je me suis retrouvé à Bully-Grenay, une ancienne cité minière située entre Lens et Béthune, en plein pays ch'ti. Mais Bully-Grenay n'est que le nom de la gare, qui chevauche les tBully2.JPGerritoires de Bully et de Grenay. Ou plutôt de Bully-les-Mines et de Grenay - soyons précis, car l'histoire de l'appellation des lieux fut pour le moins tumultueuse, comme nous le renseigne le site Histoires de Ch'tis - La vie au pays des mines.

Pendant près de trois heures, j'ai marché dans Grenay et dans Bully, empruntant la passerelle surplombant les voies pour passer de l'une à l'autre. Des terrils derrière Grenay plantent le décor; nous sommes dans le pays noir du Pas-de-Calais. Ici aussi, l'économie semble ne jamais s'être relevée après la fermeture des mines. Des cités sans âme ont remplacé les vieux corons. Les gens vivent de petits bonheurs. Le temps a terni les façades des petits commerces. On passe le temps en rêvant de nouveaux achats, plus grands et plus beaux, dans les quelques grandes surfaces en bordure de ville.

La gare est coquette et, à quelques détails près, a traversé les âges sans perdre de son âme ou de son identité. Debout sous un arbre face à la gare, j'ai laissé passer une grosse averse. En laissant la pluie me glacer un peu, je me suis imaginé les hordes de mineurs débarquant du train un matin gris de l'entre-deux-guerres. Déjà fatigués, souillés, désabusés mais tellement courageux.

Bully3.JPGCe n'est que récemment que j'ai appris que des convois de produits chimiques reliaient chaque semaine la ville de Tessenderlo, dans notre Limbourg belge, et Bully-Grenay. De fait, ce 7 juillet 2008, quelques wagons-citernes et une vieille loco diesel de manoeuvre reposaient dans le faisceau du côté de Grenay. Mais les seuls mouvements auxquels j'ai eu droit concernaient de tristes TER à double étage doublement vétustes.

Peu importe. Quand j'ai repris le chemin d'Arras, je me suis dit que ce micro-séjour de trois heures, sous la pluie, en des lieux bien sombres mais chargés de tant d'histoire, m'avait fait le plus grand bien. De bien étranges vacances m'amenant, par un bien curieux hasard, dans de sombres lieux bien charmants!