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31/12/2017

Dix ans déjà

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Dix ans plus tard, je vous parle toujours de gares. Ce blog a dix ans et même un peu plus et, dans un monde où la communication est sans cesse plus instantanée, il a vieilli un peu. A l’heure de Snapchat et d’Instagram, quelle place reste-t-il pour mes longs billets ferroviaires ? Mon blog a-t-il jauni comme ces vieilles cartes postales qui dorment dans un tiroir, comme ces vieux journaux oubliés dans un coin de la cave ?

Dix ans plus tard, je marche moins vite mais je marche peut-être mieux. Au gré de découvertes souvent inattendues, de trajets à flux parfois tendus, il semble que mon objectif a changé. Au début, je pensais écrire souvent mais peu à la fois, voyager beaucoup et jamais au même endroit. Aujourd’hui, toujours à pas d’homme, je reviens davantage sur les lieux, comme si seules la répétition des visites et la profondeur du temps m’autorisaient à vous en parler.

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Pourtant, l’émerveillement demeure. Il n’est toujours aucune gare que je ne cherche à habiter un instant. En quelques endroits du réseau, j’ai même réussi mon coup : en proportion, vous me verrez souvent à Roux et à Piéton, à Namêche ou à Grupont. Mais rien ne vaut le coup de foudre, l’amour au premier regard pour une gare jusque-là connue de nom seulement. Un jour, c’est sûr, j’irai à Abancourt !

Saviez-vous que tout ce que j’ai publié ici, je l’ai écrit dans le train, dans la centaine de trains que j’emprunte chaque mois, depuis dix ans ? Et que rien ne vaudra jamais le manuscrit ? Je dois avoir une drôle de vie, j’en conviens. Mais ma personne est moins importante que les gares qu’elle traverse… que traversent aussi des milliers d’autres personnes, tout aussi anonymes, chaque jour, quand je n’y suis pas.

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Toutes et tous, nous pouvons exister en de multiples endroits au même moment. Le long des rails, dix ans plus tard, je suis plusieurs fois moi-même, chaque jour, çà et là… Dix ans plus tard, je marche mieux. Et donc, je vous offre quelques photos d’un passé que je ne vous ai jamais montré, mais qui vous montrent par où je suis passé. Si vous vouliez me connaître, c’est déjà ça, non ?

Et puisque c’est de rigueur en cette fin d’année, je vous présente mes meilleurs vœux pour l’année à venir. Puissiez-vous ralentir le temps et la vivre à pas d’homme…

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[ILLUSTRATIONS - :: de haut en bas :: Le 18 avril 2014, la façade de l'ancien bâtiment voyageurs de la gare de Sclaigneaux est dans un piteux état... :: Le 6 janvier 2012, la gare d'Antoing semble plombée par la grisaille de l'hiver... :: Tous les feux sont au rouge en gare de Visé, le 26 janvier 2008. :: L'automotrice 610 marque l'arrêt en gare de Grupont le 20 août 2010. :: C'était la Desiro 08138 qui était de corvée en ce dernier week-end de l'année 2017 sur la ligne 130A. La voici qui arrive à Thuin à contre-voie, comme c'est d'usage le week-end, cet après-midi à 15h26. Il est toujours question de porter la ligne 130A à voie unique entre Hourpes et Lobbes à partir d'avril 2018.]

30/11/2017

[F] Perché sur une branche à Sotteville

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sotteville-les-rouen,sncf,train,gareAvant de revenir en nos contrées, je vous dirai encore de mon été qu’il s’est achevé du côté de Rouen. J’avais très arbitrairement choisi deux gares de sa proche banlieue comme dernières cibles. Florian, avec qui je travaille et qui est originaire du coin, en rigole encore. « Mais qu’as-tu bien pu trouver à Oissel et à Sotteville ? ». Je n’ai pas trop osé lui répondre : « Le dépaysement ! ».

Dépaysé le long des rails, j’ai pensé que tout, dans cette France si proche, invite à la comparaison – et elle fait mal. Pauvres petites gares wallonnes, aux guichets disparus, où le voyageur attend mais n’est plus accueilli, ni même vraiment attendu ! Où disparaissent donc les budgets ? Il y a chez nous, j’en suis intimement convaincu, quelque chose qui ne tourne pas rond…

Pour le voyageur, Sotteville-les-Rouen n’est qu’un point d’arrêt, un peu comme le sont chez nous Ronet ou Forest-Midi, en bordure d’un grand centre d’activité ferroviaire. Les amateurs du rail connaitront Sotteville et son cimetière de locomotives qui attirent, souvent la nuit, de curieux photographes. Moi, ce jour-là, je me suis contenté de quelques becquées, au grand soleil, sans vraiment quitter mon perchoir.

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sotteville-les-rouen,sncf,train,gareC’est qu’une longue passerelle surplombe un faisceau de voies bien vaste, qui s’étend même loin au-delà. Elle offre une vue aérienne, dominante, généreuse, des circulations venant de Rouen-Rive Droite ou s’y rendant. En heure de pointe vespérale, les allées et venues étaient nombreuses et variées, et j’ai salué plusieurs fois une locomotive de manœuvre s’affairant à remiser les rames ayant achevé leur journée.

Là, j’étais comme l’oiseau prenant sa pause après un long vol, toisant des trains petits et grands venus de l’inconnu. Bleus pour la plupart, ils venaient vite ou un peu moins ; certains posaient puis s’arrêtaient en dégorgeant quelques travailleurs hébétés. Ça, ce sont des vacances ! Celles où, dépaysé, je peux arrêter le temps et admirer les rails, en paix, perché sur une branche à Sotteville.

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[ILLUSTRATIONS - Photos prises en gare de Sotteville-les-Rouen le 24 août 2017.]

31/10/2017

[F] Problème à Combourg

[Ma visite euphorique de la gare de Dol-de-Bretagne était le point d’orgue d’un périple de cinq jours dans le nord de la France, où j’ai combiné, en prenant seize trains, les visites de lignes, de villes et de gares. Pas de parasol ou de mer turquoise cet été ; juste un rail trip en solitaire, sac sur le dos, sans répit, pour le plaisir des yeux et des orteils...] 

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combourg,sncf,gare,trainL’entrée en scène tardive du soleil à Dol m’avait contraint de rajuster le planning de la journée. En débarquant à Combourg, le dilemme était clair : si j’y prenais tout mon temps, je ne verrais rien de l’exposition Bretagne Express à Rennes, dont les portes fermaient à 19 heures. Mais comment demander à une gare inconnue de se révéler en une heure chrono ?

La gare de Combourg (Komborn en breton) est située à 42 kilomètres au nord de Rennes, à mi-chemin entre cette dernière et Saint-Malo, sur une ligne qui n’a été électrifiée qu’en 2005. Elle accueille un quart de million de voyageurs annuels, un chiffre plus que respectable lorsqu’on sait qu’elle dessert une commune de 5800 habitants. Le bourg et le château, que Chateaubriand a rendus célèbres, sont à vingt minutes de marche de la gare.

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combourg,sncf,gare,trainEt donc à Combourg, comme souvent, le problème était le temps. Voilà ce que c’est d’être trop gourmand ! Je n’ai vu ni le bourg, ni le château, mais j’ai mesuré les vastes espaces de part et d’autre de la gare, qui peuvent accueillir des automobiles par centaines. Des emprises généreuses donc, alors même que le bâtiment voyageurs, tel un petit bloc Lego, n’occupe qu’une place très modeste dans son propre domaine.

Ce qui retient l’attention, c’est son accessoire remarquable : cette passerelle au-dessus des deux voies, équipée d’ascenseurs, toute propre, fort sûre, bien respectée. A-t-on jamais vu pareil luxe chez nous dans nos gares de Wallonie ? A Combourg, comme tout est bien en place, il ne m’a fallu que vingt-quatre minutes pour saisir la gare. Admiratif, j’aurais voulu rester, et savourer tant le lieu que le moment.

Mais à Combourg, comme toujours, le problème était le temps. Ce temps que je n’ai jamais vraiment, ce temps qui file et se défile, qui bride la contemplation, que toute l’histoire des chemins de fer de Bretagne, exposée aux Champs Libres à Rennes, ne m’aurait jamais permis de rattraper. Dans ce TER Bretagne qui m’emmenait vers l’instant suivant, en noir et blanc, j’ai fermé les yeux un bon moment, en pensant à Chateaubriand.

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20/09/2017

[F] Un air de cocagne à Dol-de-Bretagne

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sncf,gare,train,dol-de-bretagneJ’ai dû errer un bon moment dans les rues de Dol, au pied de Saint-Samson, et jusque dans le Super U, à maudire les cieux. Où se terrait donc le soleil promis, celui qui devait couronner mon échappée folle, si loin de chez moi, après des heures de train ? Assis sur un banc dans un parc que je ne reverrai jamais, j’ai tenu bon avant que ne jaillissent les premiers rayons.

Dol-de-Bretagne, bourg breton de 5500 âmes vivant dans l’ombre du Mont-Saint-Michel, peut être fière de sa gare abondamment fleurie. Inaugurée en mai 1864 par la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, elle reçoit avec insistance des TER reliant Rennes à Saint-Malo et même, depuis peu, des TGV-Atlantique venus de Paris-Montparnasse. Egalement située sur la ligne Lison-Lamballe, elle accueille par ailleurs, mais moins souvent, des trains venus de Caen et de Dinan.

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sncf,gare,train,dol-de-bretagneJe ne l’avais pas choisie par hasard. Peut-on même parler de choix quand il s’agit d’un coup de foudre, un amour au premier regard, irrémédiable, par la vitre d’un train ? C’était il y a quatre ans, au retour d’un congrès à Saint-Malo. Qu’il me tardait, de mois en mois, de la retrouver, d’y poser le pied et, si elle voulait bien de moi, de la caresser du regard !

J’avais gardé le souvenir, finalement exact, d’une station de corpulence moyenne, assez carrée dans ses formes, aplatie, dégageant une grande sincérité. Celui d’un édifice sans fard, fier de ses couleurs intactes, sans souillures, respirant un air marin. Celui d’une gare parfaite qui s’ignore, à six cents kilomètres de chez moi.

Et donc, quand enfin le soleil a percé, mes jambes ont avalé l’asphalte de l’avenue Aristide Briand. Assis devant elle, je l’ai admirée comme dans mon souvenir, longtemps, sans bouger, le cœur emballé, comme dans un rêve. Le cœur déballé, je lui ai dit mon amour. Et, défiant toute raison, en partant vers Combourg, je lui ai promis qu’un jour, je reviendrai trouver un air de cocagne à Dol-de-Bretagne.

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[ILLUSTRATIONS - Photos prises en gare de Dol-de-Bretagne, France, le 22 août 2017.]

30/08/2017

Conférence et exposition sur la ligne 130A

La 29e édition des Journées européennes du patrimoine en Wallonie, organisée les 9 et 10 septembre prochains, aura pour thème les "Voies d'eau, de terre et de fer". 

Parmi les nombreuses activités proposées à travers la Wallonie, se tiendra le samedi 9 septembre à 19h30 une conférence sur "La ligne 130A: hier, aujourd'hui et demain", lors de laquelle j'évoquerai la menace qui plane à moyen terme sur l'avenir de la ligne, que j'emprunte au quotidien. Après avoir retracé sa genèse et son histoire, je ferai l'inventaire des raisons qui incitent au pessimisme avant de proposer un argumentaire pour une mobilisation en faveur de sa survie et de sa pérennisation.

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[Le 7 avril 2017, l'automotrice 970, assurant le train L4763, passe à Landelies.]

 

La conférence se prolongera par une exposition le dimanche 10 septembre, de 9h30 à 16h, lors de laquelle la même thématique sera évoquée en textes et en images. J'ai choisi près de 200 photos sur les 7000 que j'ai prises de la ligne 130A ces dix dernières années. 

La conférence et l'exposition auront lieu à l'Espace transition, rue de l'Abbaye 30a, à 6540 Lobbes, non loin de la gare. Vous trouverez le détail de cette activité à la page 75 de la brochure éditée pour cette édition des Journées du patrimoine. 

J'espère vous y rencontrer.

 

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[Le pont n°10, entre Hourpes et Thuin, est un des cinq ponts de la ligne 130A qui n'a pas encore été remplacé. La vitesse de référence y a été abaissée à 60 km/h.]