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10/01/2014

Année treizième

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L'année 2013, treizième du millénaire, a vécu ses dernières heures. J'étais au repos et je me suis dit qu'elle a été surchargée sur les plans personnel et professionnel. Par manque de temps, mes explorations ferroviaires se sont faites moins longues et donc moins lointaines. C'était presque du cabotage mais à la vitesse de l'express. Etait-ce aussi parce que je présageais la catastrophe domestique qu'a été, le 15 décembre, la fermeture du guichet de la gare de Lobbes?

Il faut dire que l'année sur la ligne 130A a été pour le moins mouvementée. Le seul point positif aura été la remise à deux voies du tunnel de Leernes et du tronçon entre Marchienne-Zône et Hourpes. Mais les travaux, incessants depuis une dizaine d'années, se poursuivent ailleurs, visant à une modernisation des ouvrages d'art - lisez les ponts au-dessus de la Sambre - et de la signalisation, et en vue d'augmenter le tonnage des convois de marchandises. Conséquence immédiate, la fermeture des blocks 59 (Marchienne-Zône) en juin et 62 (Lobbes) en décembre annonce la gestion prochaine de l'ensemble du trafic sur la ligne depuis la cabine EBP de Charleroi-Sud.

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Et puisqu'Infrabel déferre à tout-va ces derniers vingt-quatre mois, le faisceau des anciens ateliers Saint-Martin à Marchienne a été déposé en mars. Enfin, en tant que navetteur, j'avoue avoir un sentiment pour le moins mitigé à la suite des modifications, intervenues pendant l'été, des horaires de train les jours de la semaine. Mon trajet vers Bruxelles est ainsi prolongé de dix minutes, idem au retour. Cela donne un peu de mou pour la correspondance, s'il y a un gros reatrd, mais au final ce sont tout de même vingt minutes de moins chez moi chaque jour.

Esthétiquement, en cette année 2013 un peu maigre, j'ai été séduit par l'ancienne gare de Bastogne-Sud. Je garde aussi un souvenir ébloui de la gare de La Rochelle [F] et de ces longs parcours entre Thuin et Saint-Malo [F]. Il faudra qu'un jour je retourne là-bas voir de plus près les gares de Combourg [F] et de Dol-de-Bretagne [F]. J'ai ouvert des dossiers photographiques à Naninne et Dendermonde. Je n'oublie pas non plus Florée, ce petit point d'arrêt bancal mais si joli l'été.

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L'année m'aura aussi permis de nouer des contacts et de échanges intéressants. Ceux-ci ont notamment débouché sur une collaboration avec navetteurs.be, qui me permettra une fois par mois de parler du voyage en train avec moins de béatitude. Mes rencontres avec les cheminots m'ont appris énormément à tous niveaux. Si vous vous reconnaissez parmi eux, soyez-en chaleureusement remercié.

Et alors que s'achevait la treizième année du millénaire, j'entamais mon année treizième le long des rails... Après avoir bouclé la série concernant l'ancienne ligne 109, je repartirai au loin, vers des gares écartées de mes sentiers battus. Avec toujours cette recherche du temps enfoui, du petit vécu ferroviaire, de l'histoire et du détail par lesquels je n'oublierai jamais un lieu. Si vous m'invitez, je viendrai chez vous.

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[ILLUSTRATIONS - :: de haut en bas :: L'automotrice classique 180 attend un départ en gare de Dendermonde, quelques mois avant sa mise hors écriture, le 25 juillet 2013. :: Le faisceau des anciens ateliers Saint-Martin, fleuron de l'histoire ferroviaire en région carolorégienne, a été déferré début mars 2013, comme en témoigne cette photo prise le 6 octobre 2013. :: J'ai ouvert un dossier photographique en gare de Naninne le 30 août 2013. J'en parlerai mieux un jour à venir. :: Les reliques de Saint-Martin, comme cette armoire métallique décorée il y a longtemps en témoigne, disparaissent petit à petit, au fur et à mesure que les vandales dépouillent les lieux de ses moindres valeurs.]

28/12/2013

De l'autre côté du guichet (quand venait le train de Paris)

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La nuit est tombée assez tôt sur Lobbes et sa gare. Elle a nappé la place d'une brume humide et un peu collante, exaltée par les phares des voitures familiales s'en allant de la Clinique Saint-Joseph. Les derniers trains du jour passeront tantôt; les rares voyageurs ne s'arrêteront pas au guichet. Derrière celui-ci, la routine nocturne s'installe pour celui qui veillera pendant quelques heures encore sur l'art ferroviaire.

Pour lui, cet art sera solitaire. Le téléphone sonnera quelques fois, donnant voix aux collègues de Charleroi-Sud ou d'Erquelinnes. De rares trains apparaîtront encore sur l'écran de contrôle, les derniers voyageurs et l'un ou l'autre marchandises. Dans la pénombre, le pupitre du poste de commande éclaire à peine le visage de l'homme de métier. On le sent résigné et un peu inquiet pour l'avenir.

sncb,infrabel,ligne 130a,ligne 109,train,gareIl n'y a qu'un seul agent, un agent mixte comme on dit, pour le guichet et pour le poste de block. Il vend et il régule. Pour quelques jours encore, qu'il décompte malgré lui, il sera l'un des derniers de sa catégorie. Il ne sait pas vraiment où il travaillera après la Noël. Il a connu le temps d'une gare à huit voies, il y a plus de trente ans. Huit voies à Lobbes! Lobbes-Garage, la fin de la ligne 109 et de la desserte de la sucrerie de Donstiennes... La fin aussi des trains internationaux. Huit voies et beaucoup de collègues, dont certains disparus trop tôt.

A l'arrière du local, un poste de télévision débite absentément des âneries, des choses en tout cas que demain on oubliera. Devant moi, l'agent a le regard plongé dans le passé, contemplatif d'une carrière en ces murs, en quête d'un souvenir qui vaudrait le récit. Le silence pourrait être pesant, mais c'est le prix du souvenir. Il fait nuit; comme un enfant, j'attends qu'on me raconte une histoire.

***

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De ces rencontres nocturnes de l'autre côté du guichet, au block 62, ont émergé des récits étonnants, émouvants, des souvenirs d'une autre époque. On devine, derrière les mots, une nostalgie qui interpelle mais rassure à la fois. Les moments qui ont marqué ces hommes de métier le plus, ce sont les vies sauvées à même le quai, ces suicides de justesse avortés, ces imprudences de voyageurs finalement sans conséquence.

sncb,infrabel,ligne 130a,ligne 109,train,gareIl y eut ce gamin qui ne devait pas avoir quatre ans. Assis, à même le quai, il balançait innocemment ses petites jambes au-dessus de la voie. Personne ne l'aurait remarqué si l'agent n'était sorti de son local, un peu par hasard, un peu machinalement, pour voir l'international passer. Tandis qu'au loin approchait déjà à vive allure le train, l'agent s'est approché du gamin dans le plus grand calme et s'est accroupi près de lui. Posément, gentiment, il lui a demandé ce qu'il faisait là. Le petit garçon a répondu, le plus naturellement, qu'il regardait passer les trains. L'agent, plus que conscient du danger imminent, lui demanda encore où se trouvait sa maman. Les jambes cisaillant toujours au-dessus de rails, l'enfant répondit d'une simplicité désarmante: "Ma maman me fait un petit frère.". Et alors que l'international fendait l'air en gare de Lobbes, l'agent souleva le gamin, lui prit la main et le ramena à Saint-Joseph, où l'infirmière qui devait veiller sur lui pendant que sa maman accouchait poussa un cri, n'ayant même jamais remarqué qu'il était sorti!

sncb,infrabel,ligne 130a,ligne 109,train,gareIl y eut aussi le déraillement du Paris-Moscou à hauteur de l'aiguillage de la ligne 109, entre Lobbes et Thuin, un samedi matin fin juillet. Était-ce en 1981 ou en 1982? C'est si loin... Après l'évacuation de l'avant et de l'arrière du train, il resta coincée encore une voiture soviétique sur le lieu-même de l'incident. C'était avant la chute du Mur de Berlin et, à l'époque, le personnel des chemins de fer de l'ex-URSS avait pour consigne de ne jamais abandonner le matériel roulant en territoire étranger. Les Soviets restèrent à Lobbes près d'un mois, assis aux côtés de leurs collègues des chemins de fer belges. Même s'il y a prescription, il reste le souvenir de soirées animées en gare, avec des bouteilles de vodka dont on ne vit jamais vraiment le fond...

Et puis il y eut cet événement annuel, impensable aujourd'hui dans ce monde normé à outrance, du Paris-Cologne qu'on arrêtait exceptionnellement à Lobbes une fois l'an, pour laisser descendre une veuve aux habits solennels venue se recueillir sur la tombe de son mari. Elle était même accueillie par la fanfare et les édiles du village. N'y a-t-il là un beau mystère nappé d'une brume un peu collante, qui demande à être élucidé, histoire qu'on s'assure qu'au fond, les choses d'avant avaient plus de charme et de saveur que celles qu'on nous vend aujourd'hui?

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Alors, voilà. Dans le local, une tonalité aiguë interrompt le silence. Un train, sans doute le dernier omnibus pour Charleroi, vient d'entrer dans la zone de block. L'agent, dont la casaque jaune brille à la lueur du TCO, actionne un interrupteur ou un bouton. "Eh oui...", soupire-t-il en s'asseyant devant son écran. Des cadres suspendus aux murs montrent la gare à différentes époques; il y a aussi cette photo du personnel posant devant la gare quelques années auparavant.

A Lobbes, où il ne reste désormais plus que trois voies, les agents ont reçu une note de service confirmant la fermeture du guichet et du poste de block. La note les remerciait officiellement du travail accompli pendant ces longues années. Il aurait été si facile de préciser que ce travail avait été bon, très bon, mais las...

Alors qu'il soit dit ici que ce travail était non seulement très bon, mais excellent, et apprécié des navetteurs et voyageurs de Lobbes. Mesdames et Messieurs qui nous avez servis si fidèlement pendant toutes ces années, soyez remerciés et sachez que vous nous manquez déjà. Et, pour ma part, que je suis heureux de vous avoir rencontrés. Et que j'espère vous revoir un jour et parler de ces moments suspendus, quand venait le train de Paris...

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16/12/2013

A Lobbes, le guichet s'est éteint

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Le 15 décembre, dans l'après-midi, le guichet de la gare de Lobbes, ma gare, a cessé d'être. Ils l'ont fait! Ils l'ont éteint pour de bon, malgré une pétition ouverte depuis plus d'un an , signée deux mille fois, dont moi trois fois, histoire de bien marquer le coup. Il faudra désormais utiliser l'automate, quand il fonctionnera, cette machine dont j'ai dit qu'il fallait se méfier.

La fermeture a été brutale et sans appel. Il n'a jamais été question d'une demi-mesure, où l'on aurait d'abord limité l'ouverture à la seule matinée. Car pourquoi attendre encore là où la machine est installée et fonctionne le jour comme la nuit? Après la mort des guichets d'Erquelinnes et de Thuin il y a une dizaine d'années, celui de Lobbes était le dernier de la ligne 130a, entre Charleroi et la frontière française.

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lobbes,gare,sncb,ligne 130a,trainLes gares de village, voyez-vous, meurent rarement d'un coup. C'est davantage une longue agonie faite de petites morts. Le guichet qui ferme n'est qu'un clou de plus dans le cercueil. Et pourtant, et surtout, ce clou fait mal. Avec lui disparaissent le bonjour matinal, le bonsoir vespéral. Avec lui s'amorce un déclin esthétique inexorable, conséquence de l'abandon.

Pendant quelques mois, à Lobbes, la salle d'attente restera chauffée. Des signaleurs de jaune vêtus l'ouvriront encore quand viendra le train. Mais bientôt les quais seront éventrés et l'on construira un passage sous les voies. Pendant quelques mois donc, il y aura peut-être encore des bonjours et des bonsoirs. Mais l'été venu, la porte se fermera à jamais et la gare, refroidie, se sera éteinte pour de bon.

Il ne restera qu'un point d'arrêt écorché, glacé l'hiver, tagué l'été. Il ne restera qu'un siècle et demi de souvenirs partagés par des générations de voyageurs, de signaleurs et de chargeurs, d'agents de triage et de sous-chefs de gare. Il ne restera que l'écho lointain des bonjours ensoleillés, des bonsoirs bienveillants. Et, pour moi, des regrets éternels, une tristesse infinie.

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30/11/2013

Reliques de Saint-Martin

 [J'avais dit qu'à Marchienne-Zône, il faudrait piocher. Eh bien, j'ai pioché un peu... assez pour revenir à vous avec ceci...]marchienne-zône,ligne 130a,sncb,train,gare,saint-martin,atelier,dépôt

marchienne-zône,ligne 130a,sncb,train,gare,saint-martin,atelier,dépôtSi Marchienne-Zône, de nos jours, n'est plus qu'un point d'arrêt un peu glauque sur la ligne 130a entre Charleroi-Sud et Erquelinnes, ce n'est que le reflet de l'Histoire, des histoires conjuguées, du déclin économique, industriel et donc ferroviaire d'une région jadis parmi les plus riches au monde. Pendant longtemps, donc, la gare de Marchienne-Zône a été le théâtre d'une activité intense, tant pour les voyageurs que pour les hommes du chemin de fer.

J'y suis passé pour la première fois un soir d'octobre, en 2002. Je me rendais à Labuissière et j'étais assis à l'arrière d'une vieille automotrice classique, une rouge, de celles qu'on ferraille aujourd'hui. Après l'arrêt à Marchienne-Zône, j'ai remarqué dans la pénombre une rangée de vieux wagons, des tombereaux peut-être, envahis par la végétation, le long des ateliers mourants de Saint-Martin. Je me suis dit qu'un jour, je les approcherais.

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marchienne-zône,ligne 130a,sncb,train,gare,saint-martin,atelier,dépôtLe temps a passé et jamais je ne les ai approchés. J'ai déménagé à Nivelles et j'ai délaissé, pendant trois ans, la ligne 130a. Quand j'y suis revenu, en 2008, les wagons et les rails sur lesquels ils reposaient avaient disparu. Quelle occasion ratée et, pour ce qui est de moi, quelle naïveté! C'est là en effet, plus qu'ailleurs, que j'ai compris qu'à bien des égards, l'histoire du rail ne repasse pas les plats. Surtout, je me suis juré qu'on ne m'y reprendrait plus.

De nos jours, on a coupé le courant et le téléphone à Saint-Martin. L'alarme intrusion est désactivée, et ce n'est qu'une question de temps avant que vandales et squatteurs dégradent les dernières reliques de ce qui, pendant longtemps, fut un haut lieu du rail belge. En marchant dans les lieux, je crois sentir la sueur de ceux qui y ont œuvré. Dans leur cuisine éteinte, la vie s'est arrêtée. Des fiches, des bordereaux jaunis, noircis, gisent parmi des tasses encore vaguement auréolées de café.

Sur l'évier de Saint-Martin, il reste du savon. Mais pourquoi se laver les mains quand elles veulent prendre la poussière? Il y a tant de vestiges et d'archives dont j'aimerais me saisir, afin d'entrevoir les histoires conjuguées de Zône et de Saint-Martin. Celles du rail sublimé, de l'euphorie industrielle. Celles de nos aïeux, venus ici travailler, habiter et mourir. En piochant bien et vite, un historien venu ce jour à Saint-Martin y trouverait encore un trésor social enfoui, l'écho lointain des rires et des cris de plusieurs générations de cheminots.

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[ILLUSTRATIONS - Parmi les photos, toutes prises entre septembre et novembre 2013, on notera, tout en haut, une vue d'ensemble de ce qui restait des ateliers Saint-Martin. Le faisceau menant aux ateliers a été déposé en mars 2013 avec le raccordement à la ligne 130a, qu'on voit à l'extrême gauche de l'image. Au centre, une vue du block 59, qui a également fermé à la fin juin 2013 et dont les activités ont été reprises par la cabine EBP de Charleroi-Sud.]

11/11/2013

Gedinne en distances

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sncb,gare,train,gedinne,ligne 166L'automne venu, voici l'occasion d'un rétro. Avec le temps, je me dis que j'aurais dû mieux préparer ma visite à Gedinne, et qu'alliés, les arbres et le relief peuvent jouer de bien vilains tours. C'était déjà en mai 2011, mais le souvenir d'une marche un peu désespérée reste vif. A travers ces mots, j'y retourne, je me refais le film, je vous en montre l'une ou l'autre image.

Je ne sais pourquoi, mais c'est de l'intimidation que j'ai ressenti du train quand je suis descendu en gare de Gedinne. Était-ce le ciel trop parfait, le quartier aux contours insaisissables ou juste la gare, qui me perturbait? Je me suis senti pris au piège, en plein carrefour, dans un courant d'air. J'ai fui en choisissant une route , sur la droite, qui descendait fort, sans vrai accotement.

Cela descendait encore quand j'ai vu qu'elle ne menait qu'à une autre route hostile à travers champs. N'envisageant pas de remonter cette pente interminable, j'ai continué à gauche, déjà inquiet, frôlé par trop de véhicules. La distance s'accumulant, j'ai accéléré la marche pour échapper à la panique, en priant de voir enfin un clocher. C'est en me disant que Gedinne, au fond, c'est loin, que j'ai découvert, enfin, un bourg charmant éloigné de sa gare.

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sncb,gare,train,gedinne,ligne 166Je n'y suis pas resté longtemps et c'est dommage. Au physique, au pas de charge, j'ai cherché un chemin plus direct vers la gare. Au sommet boisé d'une colline, rage a tenu sa promesse et m'a ramené à Gedinne-Gare. Soulagé et dans les temps, je me suis dit que mes jambes venaient de vivre un bel exemple, celui des gares qu'on n'a pu mener autrefois, par la faute du relief, plus près de leur bourg charmant.

A Gedinne-Gare, à Gedinne, j'ai lu un panneau informant les passants des origines du lieu. Il rappelle, avec nostalgie, que la gare fut tête de ligne un temps, jusqu'en 1899. Rassuré, un peu moins bête, je suis donc rentré en gare, tel un courant d'air. Par la lentille, sous un soleil revenu, je l'ai sentie vieillie mais sereine, ni fière et flétrie. Elle qui ne me perturbait plus, je l'ai embrassée. Et comme j'étais venu, je suis reparti...

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[ILLUSTRATIONS - Photos prises en gare de Gedinne le 3 mai 2011.]