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25/07/2009

Bully-Grenay (F), un sombre lieu bien charmant

Je ne quitterai pas la Belgique cet été. Comme j'ai acheté une maison l'été dernier et qu'il me reste à dompter un jardin à la végétation plus que luxuriante, je passerai mes congés à domicile, en prenant soin toutefois de m'évader un jour ou cinq. Je me vois bien aller à Spa, à Virton, à Lier. A Tilff, à Paliseul, à Amay aussi...

Mais que cela ne m'empêche de vous parler de mes vacances de l'année dernière. Mes étranges vacances, à suivre des fans de Céline Dion la pourchassant d'Arras à Genève. Heureusement qu'il y avait des gares! N'ayant effectué aucune recherche préalable, je ne savais exactement laquelle choisir, au départ d'Arras, pour assouvir ma passion d'ambiances ferroviaires. Avec seulement une poignée d'heures à disposition, j'espérais taper juste et éviter les points d'arrêt les plus quelconques. D'autant plus que de gros nuages noirs plombaient l'horizon.

Bully1.JPG

C'est ainsi que je me suis retrouvé à Bully-Grenay, une ancienne cité minière située entre Lens et Béthune, en plein pays ch'ti. Mais Bully-Grenay n'est que le nom de la gare, qui chevauche les tBully2.JPGerritoires de Bully et de Grenay. Ou plutôt de Bully-les-Mines et de Grenay - soyons précis, car l'histoire de l'appellation des lieux fut pour le moins tumultueuse, comme nous le renseigne le site Histoires de Ch'tis - La vie au pays des mines.

Pendant près de trois heures, j'ai marché dans Grenay et dans Bully, empruntant la passerelle surplombant les voies pour passer de l'une à l'autre. Des terrils derrière Grenay plantent le décor; nous sommes dans le pays noir du Pas-de-Calais. Ici aussi, l'économie semble ne jamais s'être relevée après la fermeture des mines. Des cités sans âme ont remplacé les vieux corons. Les gens vivent de petits bonheurs. Le temps a terni les façades des petits commerces. On passe le temps en rêvant de nouveaux achats, plus grands et plus beaux, dans les quelques grandes surfaces en bordure de ville.

La gare est coquette et, à quelques détails près, a traversé les âges sans perdre de son âme ou de son identité. Debout sous un arbre face à la gare, j'ai laissé passer une grosse averse. En laissant la pluie me glacer un peu, je me suis imaginé les hordes de mineurs débarquant du train un matin gris de l'entre-deux-guerres. Déjà fatigués, souillés, désabusés mais tellement courageux.

Bully3.JPGCe n'est que récemment que j'ai appris que des convois de produits chimiques reliaient chaque semaine la ville de Tessenderlo, dans notre Limbourg belge, et Bully-Grenay. De fait, ce 7 juillet 2008, quelques wagons-citernes et une vieille loco diesel de manoeuvre reposaient dans le faisceau du côté de Grenay. Mais les seuls mouvements auxquels j'ai eu droit concernaient de tristes TER à double étage doublement vétustes.

Peu importe. Quand j'ai repris le chemin d'Arras, je me suis dit que ce micro-séjour de trois heures, sous la pluie, en des lieux bien sombres mais chargés de tant d'histoire, m'avait fait le plus grand bien. De bien étranges vacances m'amenant, par un bien curieux hasard, dans de sombres lieux bien charmants!