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21/08/2010

Au-delà de Purnode

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Purnode2.JPGJe me suis levé aux aurores, ce dimanche d'août, pour retourner voir les gares du Bocq. Quatre mille mètres à pied et quatre trains plus loin, j'ai débarqué à Purnode sous un ciel incertain. L'autorail du PFT a rebroussé chemin, tandis que Monsieur le chef de gare honoraire de Dorinne-Durnal, que je rencontrerai bien un jour, emmenait, flanqué de ses chiens, une poignée de randonneurs suréquipés le long du Bocq. Je suis resté seul à quai un bref instant, pour peser le possible et l'impossible.

Le charme du Bocq tient dans sa nature sauvage et l'abondante végétation dans la vallée qu'il a creusé. Aussi, une connaissance théorique des courbes et des voies ne se traduit pas, comme en milieu urbain, en un itinéraire certain. Contre la montre, il faut chercher, deviner, improviser. Les propriétés privées font dévier, les herbes foulées font espérér. Ainsi donc, à Purnode, j'ai perdu de longues minutes à sonder le terrain.

Je n'emporte ni GPS, ni carte, ni boussole. La carte, je la regarde sommairement la veille. Dans des reliefs accidentés noyés de verdure estivale, la marge d'erreur est donc importante. C'est pourquoi j'ai vite compris que je n'atteindrais pas ce jour l'ancienne gare d'Evrehailles. La poutre en béton sur le Bocq, que j'ai franchi, menait sur une fausse piste. J'ai pataugé dans le boue là où il fallait garder le pied ferme.

Purnode3.JPGQu'importe! J'ai rejoint la voie, perchée au-dessus d'un pont. C'est là que s'activeront, dans les mois prochains, les aventuriers du PFT. Entre fougères et ronces, j'ai suivi le routin le long des rails rouillés. Evidemment, c'est toute l'assiette de la voie qu'il leur faudra nettoyer et stabiliser, car même une draisine n'irait pas loin sur ces traverses pourries. Le ballast remis, les antiques autorails pourront un jour revenir à Evrehailles, puis à Yvoir.

Après un bon moment, je suis reparti sur mes talons, en veillant à ne pas éveiller les dieux du coin. Sans l'appel irrésistible de Senenne, je serais resté encore longtemps bercé par le silence de cet écrin rocheux et son demi-siècle de sommeil. A Purnode, en gare, je me suis tourné une dernière fois vers Evrehailles, comme pour attendre un train sorti du futur, ou du passé.

Purnode4.JPG