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30/12/2016

Une journée en train

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train,billet shopping,liège-guillemins,spa-géronstère,spa,pepinster,dolhain-gileppe,gare,ligne 37,ligne 44Cela a commencé comme une chanson d'enfant. Un seul voyageur dans le bus, deux dans le train, trois sur le quai, quatre dans la librairie... Il gelait à pierre fendre ce matin, l'avant-dernier de l'année, la nuit n'ayant que mieux nappé les campagnes d'un film givré. En glissant vers Lobbes, le pantographe craquait de mille étincelles argentées avant de m'emmener au loin.

L'accompagnateur a raillé. "Eh ben, vous, vous ne serez pas vite arrivé!" Ben non, aurais-je dû dire. Mais c'est devenu comme un rituel, entre les fêtes, de m'envoyer, au prix d'un billet Shopping, à l'autre bout du pays! Et cela commence toujours, tel un polar, en sentant la Sambre glacée et noire serpenter sous le train avant Marchienne-Zône.

A Charleroi, d'abord, j'ai souhaité un bon réveillon à Thibaut et à Sergio en leur prenant un café. Après, les kilomètres se sont enchaînés, dès le soleil sur Tamines levé et au-delà des brouillards mosans de Bas-Oha. Aux Guillemins, puis à Pepinster, il m'a fallu changer de train pour partir encore, avant de toucher terre à Spa-Géronstère.

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train,billet shopping,liège-guillemins,spa-géronstère,spa,pepinster,dolhain-gileppe,gare,ligne 37,ligne 44Au dégel, j'ai traversé Spa en m'arrêtant aux abords de chaque monument, signe d'une ancienne Belgique. J'y ai trouvé une lumière franche, démentant décembre, peignant au pastel les pierres et leurs tourments. Et puis j'ai fui! J'ai découvert Dolhain-Gileppe et sa courbe moderne, avant de prendre quelques clichés de Pepinster et son triangle.

Décembre démentant, le crépuscule est trop vite arrivé. De retour aux Guillemins, j'ai salué le machiniste de la 7766 manoeuvrant pour la changer de front, ronronnante comme moi au bout de ma journée. Cela s'est terminé comme une autre comptine: il y eut neuf trains, six gares et trois billets, de Lobbes à Lobbes, entre deux méandres de la Sambre endormie... 

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[ILLUSTRATIONS - Photos prises le 30 décembre 2016. ::de haut en bas:: Le billet Shopping m'ayant permis de couvrir le plus grand nombre de kilomètres : La gare de Liège-Guillemins accueille pendant les fêtes une animation d'automates de Noël, sous chapiteau : Le terminus de Spa-Géronstère, sur la ligne 44, où l'automotrice 647 s'apprête à repartir vers Aachen [D] : Le nouveau point d'arrêt de Dolhain-Gileppe, sur la ligne 37 : Départ de Pepinster à destination de Liège-Guillemins à bord de l'IC438, assuré par la 1867 et un long convoi de voitures M6 aptes à circuler à 200km/h.]

11/08/2010

Une heure à Theux

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Je repense avec plaisir à cette journée à Spa, l'été dernier, et à cette étape à Theux, au retour. Une étape qui tient en une heure, soixante minutes en images toujours bien claires. Une capsule temporelle bourrée d'effets, à tourner, telle une horloge, autour de la gare. Une petite bulle dans l'océan des souvenirs, fébrile mais frivole, qui survole les voies et me ramène à quai.

Theux3.JPGLe train parti, j'ai prétendu fuir les rails vers d'autres destins. En fait, ce n'était qu'une seconde suspendue, une césure nécessaire dans la marche du temps. Dans les yeux, les réglages se font. Dans ce tri de couleurs et de matières survient aussi l'instinct des distances. Le pied plus lent, le pavé plus tendre, j'absorbe le silence comme une tiède infusion. Une heure à Theux, c'est peu.

L'objectif en main, j'ai dévalé la rue les yeux dans le dos. En fait, ce n'était qu'un au revoir taquin, un écartement standard pour mieux l'aimer. Du bas, je la surprend toute vexée de paraître si molle, écrasée par la promesse de perpétuité. Triomphant, je lui dis que je garderai longtemps l'image, pour mieux la faire chanter. Rouge de honte, la gare me tourne le dos. 

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Mais j'ai déjà franchi les voies à niveau et je la fixe à nouveau. Elle ne me voit pas, derrière ma crête de verdure. Or, pour l'heure, c'est la vieille cheminée que je veux faire plier. Comme elle ne m'aidera pas, il faudra forcer. Dans ce flux de distances et d'émotions survient aussi le besoin de composer, de concilier. L'oeil plus vif, le décor plus propice, j'enfile les clichés comme un glouton affamé. Une heure à Theux, c'est peu.

Car je n'ai même pas vu la ville, ses gens ou son clocher. Je suis passé sans dire bonjour, sans lire les traces laissées au fil du temps par tant de trains et tant d'itinérants. Je suis passé sans crier gare, sans la prévenir de mes airs trompeurs, de mes manières cavalières. Le train revenu, je l'ai laissée à quai, les joues toujours bien rouges, sans dire au revoir. Un jour, c'est sûr, nous nous aimerons, une heure ou deux.

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