Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

04/07/2009

A Philippeville, sans apéro

Philippeville1.JPG

J'aime la légèreté de juin. Pour peu que le soleil soit de la partie, c'est tout un été de plaisirs qui s'annonce. L'année scolaire s'achève, les mamans lèvent le pied, les manches se font plus courtes et colorées, on parle moins de foot et, solstice n'étant pas supplice, les barbecues crépitent et les hommes trinquent jusque tard. Plus près du sol, fleurs et feuillages s'étendent et se pavanent: les monts et vaux ainsi verdis invitent à des moites rêveries. Ravissantes et radieuses, les vieilles gares ronronnent d'aise au soleil couchant. La nuit sera courte et on remettra ça demain!

Philippeville2.JPGJuin dessèche aussi. Au loin, un clocher échaudé sonne distraitement l'heure du bain et de l'apéro. Mais pas de pastis ou de rosé pour moi ce soir-là. Située au sud-ouest de la ville, la gare de Philippeville ne figure pas à proximité immédiate des terrasses et des commerces. Excentrée et un peu excentrique, elle présente trois partciluarités qui font son charme. D'abord, c'est une des rares gares, peut-être même bien la seule, à avoir changé de ligne au cours de son histoire. Balisant aujourd'hui la ligne 132 (Charleroi-Mariembourg), elle était située sur la ligne 136B jusqu'à sa fermeture en 1962. La construction des barrages de l'Eau d'Heure, en 1970, rendit nécessaire une déviation du tracé existant de la ligne 132 de sorte que la gare de Philippeville, après huit années de fermeture, reprit le service voyageurs.

Autre curiosité, les autorails de la série 41, qui bourdonnent au-dessus des rails, s'arrêtent en des zones différentes, séparées d'une grosse centaine de mètres le long de l'unique quai, selon qu'ils descendent vers Charleroi ou remontent vers Couvin. A cet endroit, la ligne 132 est à voie unique, mais la gare dispose d'une voie d'évitement, peu utilisée. Enfin, la petite salle d'attente joyeusement peinturlurée occupe une annexe en briques collée au bâtiment, lequel abrite également une habitation privée.Philippeville3.JPG

Pas d'apéro donc. Mais qu'à cela ne tienne! Ce soir-là était tiède et l'herbe chantante. J'avais arrêté le temps avant que lui ne m'arrête. Seul sur le quai déserté, j'attendais un impossible départ vers Florennes-Central. Douce euphorie, folle utopie, moite rêverie que cette passion d'un passé pas si lointain, que je n'ai pas connu mais déjà tant regretté!

(Photos prises à Philippeville le 13 juin 2009)